Interview de Merlin, 12 ans – 3 mois en Asie du sud-est

Merlin, tu as passé trois mois sur les routes d’Asie du sud-est. Quel sont les plus grands chocs culturel que tu as vécu ?

Les Bouddhistes qui se baladent dans les rues, les cafards géants et la chaleur.

Est-ce que la France, tes amis, la famille t’ont manqué ?

Non car il y avait tellement de choses à voir qu’on ne vit pas dans le passé.

Cite 3 spécialités culinaires que tu as adoré.

Les cafés au caramel et les rouleaux de printemps du quartier de Sam Sen Road à Bangkok et la nourriture indienne qu’on trouve partout et qui est succulente. Parfois on en avait marre des « soupes de nouilles » (un des plats principaux) car comme on est végétariens on nous les servait avec quelques végétaux. Bref, on s’est tellement régalé chez les Indiens que quand je suis rentré j’ai cuisiné un « Aloo Palak », c’est une spécialité indienne à base d’épinards, de tomates et de pommes de terre.

Cite les aliments d’Asie qui t’ont le plus surpris.

Les larves et les sauterelles en Thaïlande (franchement, ça ne me tentait pas du tout) et les mini poulpes au Vietnam que j’ai goûtés et que j’ai aimés !

Lire la suite

Mams et Merlin on the water #9

Thaïlande-Laos 📰✒📷 12/16 février 2018

Passer une frontière est parfois simple, souvent complexe. Pour passer au Laos, le bus s’arrête quelques kilomètres avant, ensuite il faut prendre un tuk-tuk, trouver des dollars car les Laotiens n’acceptent que cette maudite monnaie pour payer le visa, reprendre un bus. Montrer les passeports, se faire vérifier le visage avec une caméra, remplir plein de papiers remplis de requêtes pointilleuses (numéro du bus qui nous a amenés, adresse de l’hôtel où nous irons, son téléphone, etc.). J’invente la moitié des infos car nous les ignorons, puis je les refile à nos nouveaux potes de route, un Colombien avec sa chérie Barcelonnaise et un couple de viticulteurs français du Gard, débordants de gentillesse, avec lesquels nous sommes encore aujourd’hui, le lendemain du passage de frontière. En plus, ils connaissent le Vietnam où nous irons après le Cambodge donc ils nous filent des tas de tuyaux.

Je passe à la banque du village.

« How much do you want ?

– One million please. »

Oui, vous avez bien lu, pour la première fois de ma vie je demande à retirer 1 million. Je me crois dans un film ou à la tête d’une mafia opulente de l’opium. Mais un million de kips cela ne vaut que 100 euros…On se retrouve avec une liasse improbable dans l’un des 10 pays les plus pauvres du monde. Merlin reçoit les sourires des laotiennes de son âge. Une petite obèse qui n’en finissait plus de sucer des saucisses en sucre le yeutait sans fin en lui envoyant des sourires timides. Merlin lui en renvoyait autant mais il était tellement mal à l’aise que je n’ai pas pu m’empêcher de rire dans mon sac sous la table du petit resto.

Lire la suite

Fariste – Récit d’aventures réelles, de Moscou à Pékin

transsiberien
Mon transsibérien avec sa belle étoile rouge

Ceci est le récit de mon voyage en Transsibérien, de Moscou à Irkoutsk en Sibérie. Ensuite, je traverse le désert de Gobi pour finalement arriver à Pékin. Vous y découvrirez la vie en communauté, sur les rails, avec des étrangers mais aussi une belle histoire avec Vladimir qui me rejoindra plus tard à Paris, en stop de Moscou, puis en Bretagne. Oui, il était très amoureux ! Ce voyage m’a permis d’aller dans des lointains passionnants autant humains et culturels que géographiques. Je vous souhaite une agréable lecture.

carte

 

transib11-video-2
Deux transsibériens

Au glorieux souvenir de la guerre froide

Je sors ma kalachnikov et tire sans crainte

Sur le ridicule et rampant capitaliste

Qui s’imagine jusqu’à ce que ça suinte

Devenir un modèle d’opulent nihiliste

Il se pavane dans ses exécrables buildings

Rutilants de verre et de fer vides sans âmes

Sans remords je lance un tonitruant fucking

À ceux qui rêvent euros dollars et dirhams.

C’est dans l’underground moscovite que je réalisai soudain que j’étais enfin en Russie. Le métro n’a pas les odeurs crasseuses de Paris, au contraire, il est particulièrement luxueux. Du reste, c’est le meilleur moyen de se déplacer à Moscou car la circulation terrestre est victime d’un trafic innommable. Il fait une chaleur suffocante. C’est l’été. Heureusement, je pourrai faire un break au mausolée de Lénine, il est climatisé, c’est mieux pour conserver un mort…

Comme pour l’Inde je crois que j’avais préparé ce voyage depuis mon enfance. Mon grand-père m’a très tôt fait le récit de sa captivité dans le pays allié des français certes, mais mon grand-père était « un malgré-nous », un de ces jeunes alsaciens pas même majeurs que l’armée allemande enrôla de force en 1940 pour aller combattre sur le front russe. Il se rendit aux Russes par refus d’un combat absurde. Il fut transporté dans le camp de Tambow à environ 450 km au sud-ouest de Moscou. Je n’ai pas jugé nécessaire de rechercher l’emplacement de ce camp. C’est plutôt les Russes et la Russie qui m’intéressaient parce qu’ils ont toujours été vivants et concrets dans mon esprit. Cette femme qui donna de la nourriture à mon grand-père, ce soldat Russe qui l’épargna, tous ces bouleaux à perte de vue, la neige qui crisse sous les pas ou le soleil qui assomme, ce sont ces bribes qui m’intimèrent presque de m’y rendre.

J’ai vaguement le sentiment que les gardiens du tombeau ouvert de Lénine sont des rescapés de l’Armée Rouge. Une chose est sûre, ils n’ont pas le sens de l’humour. Leurs visages cireux-sérieux impressionnaient à cause de l’éclairage qui les surplombaient et du couvre-chef qui projetait une ombre jusque sur leurs yeux militaires. J’hésitai, l’espace d’un quart de seconde sur la réalité de leur existence rouge et kaki. Pour Lénine, ce fut la même impression cireuse d’irréalité Thussaudienne même s’il ressemblait bien aux portraits vus dans mes livres de classe. Mais s’agissait-il réellement de son cadavre ? Une Russe me confirmera plus tard que c’est bien la dépouille de Lénine qui repose dans ce sarcophage de granit et de verre. Avant, le tombeau avait une forme pyramidale qui reflétait trois fois le visage de Lénine. Cette option stylistico-morbide a été abandonnée il y a quelques années. Bref, Lénine gît devant le Kremlin alors qu’il rêvait de reposer avec sa mère à Saint-Petersbourg. Pire, on l’avait même allongé à côté de Staline.

Un désir inouï endiablait mon visage. Je courus m’acheter quelques cannettes. Il paraît que la schizophrénie touche environ 300 000 personnes en France. Peut-être que j’en fais partie pour convoiter l’alcool avec autant de frénésie alors que je n’en ai jamais été dépendante.

J’allai au Kremlin. D’emblée je me fis siffler par un garde parce que je ne marchais pas sur le trottoir.

DISCIPLIN LEADS US !

Imaginez le bronx jovial de la place Jemaa El Fna à Marrackech. Figurez-vous exactement l’inverse et vous obtenez le Kremlin. Le cœur historico-politique de Moscou.

Les jeunes femmes russes sont très belles alors que les vieilles babouchkas traînent leur grand corps usé en m’intimidant. Elles sont vraiment balèzes. Je me suis dit que la patate était à l’origine de leur obésité. Les jeunes femmes ont un sex-appeal qui dépasse toute notre pudibonderie européenne : talons hauts, mini-jupes et rouge à lèvres cruel. Lire la suite