Mams et Merlin on the road #8

Semaine du 3 au 11 février

Avant de partir de Chiang Mai en direction du triangle d’or, on se retrouve à attendre assez longtemps un bus. Heureusement, on tombe sur un café juste à côté d’un étrange temple hindou sous bâche dédié à Ganesh. Un moine bouddhiste hyper jovial reçoit des gens pour leur donner des conseils : « We never die » crie-t-il en riant. J’ai à peine le temps de me dire que je suis d’accord avec lui qu’arrive une jeune femme aux allures de princesse. Nous apprenons qu’il s’agit d’une chanteuse superstar écoutée par des millions de gens. Elle s’assoit à côté de nous, elle est très jeune, ni belle, ni laide, j’observe ses grandes lunettes rondes et la dentelle de son chemisier. Elle offre une liasse de billets à un moine, avec séance photo dans la foulée. Enfin, le bus se pointe. Pas de chance, il est pourri et l’air froid sort de l’ouverture cassée au dessus de nous. Pas de problème, le system D s’active et on fourre un gâteau pile de la bonne taille dans le conduit. Ensuite, ce furent 5 heures de fous rires pour diverses raisons et notamment nos reflets dans la vitre d’en face qui nous renvoyaient des images horribles.

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#System D

On arrive après la tombée de la nuit tout près de la frontière birmane, à Mae Sai. La ville est désertique mais on tombe sur un gars qui joue de la guitare devant son magasin, il nous appelle son fils qui nous trouve une chambre à louer pour la nuit. On est dans une pièce minuscule, les draps sont sales. On allume la télé pour voir leurs conneries et on tombe sur L’honneur des guerriers avec Morgan Freeman en thaïlandais, juste au moment où il doit se faire couper la tête…C’est drôle pour le langage et affreux en même temps. Le lendemain, on reprend la route, on s arrête dans un café, personne au comptoir. On attend, on attend encore mais on a si faim qu’on entame des cookies à vendre, on se dit qu’on le signalera au retour du gérant. Toujours personne au bout d’un bon quart d’heure. Je laisse un billet et on se remet à marcher avec nos sacs. Personne sur les trottoirs. Des grands magasins vides. Des façades délavées, laides. Ça ressemble à une post fin du monde. Une quatrième dimension. Tout semble décrépi, mort. Et juste cette longue route type Route Nationale. Je réalise que nous ne sommes pas à Mae Saï mais dans sa banlieue. On choppe un taxi collectif. Heureusement car il nous restait encore 4 km avant Mae Saï. C’est la ville la plus au nord-ouest de la Thaïlande et nous voulions voir son bazar et son temple duquel on voit la jungle birmane. Enfin nous arrivons au marché qui regorge de pipes à opium et de pierres plus ou moins précieuses.

 

En face, la Birmanie dans laquelle je voulais bourlinguer avant que les Rohingas subissent le pire. Nous apprenons qu’il faut payer assez cher pour ne passer que quelques heures du côté birman et n’avoir le droit de ne rester qu’à Tachilek, la ville frontière côté birman qui dispose du même marché que côté thaï. Du coup, on juge inutile le passage mais on rêve devant la limite…Une simple rivière et c’est la Birmanie…

Une petite rivière, « Mae Saï », sous ce pont, et c’est la République du Myanmar ou la Birmanie de l’autre côté.

On monte au temple en scooter, ma valise est comme les « Transformers », elle passe du mode roulettes au sac à dos et nous voilà sur les hauteurs de Mae Saï en train d’admirer la jungle birmane et thailandaise.

La jungle birmane derrière Mae Saï

Après un copieux déjeuner local, on saute dans un taxi collectif direction Sop Roak au coeur du triangle d’or.

Ça monte sec et la voiture est obligée de toussoter sur la bande d’arrêt d’urgence. Enfin, la ville apparaît et on découvre tout joyeux le fleuve mythique qui est aussi une frontière naturelle, le Mékong. Au dessus se dresse un immense Bouddha en or qui en jette. 20180206_152433.jpgDes musées à Sop Roak expliquent la culture du pavot, son business et sa façon de le consommer qui était légale jusqu’au milieu du 20ème siècle. On apprend que ce sont les Chinois mais aussi ces faux culs de français et ces anglais insupportables qui ont encouragé sa production et son commerce puisqu’ils percevaient des taxes sur le produit…

Dans les fumeries d’opium, le fumeur est allongé pour rester rêver des heures ensuite.

 

 

 

 

 

 

 

 

Aux pipes à opium et autres instruments de mesure s’ajoute une belle collection de « bong » (mot chinois) et non pas « bang », qui sont les pipes à eau servant à la consommation de Marijuana.

 

C’est le bonheur à Sop Ruak, voir glisser le Mékong gracieux et avoir une région mythique à nos pieds, constituée des 3 pays visibles d’un seul regard : Le Laos (tout à fait à droite du Mékong sur la photo ci-dessous), la Birmanie (au centre de la photo) et la Thaïlande où nous sommes encore. 20180207_112251.jpg

On s’arrache matinalement vers Chiang Rai, en Greenbus. Mais soudain, il s’arrête et deux policiers montent. Ils nous font un signe amical mais se jettent sur les deux passagers thaïlandais à côté de nous. Ils doivent montrer leurs papiers. Ils vérifient quelques sacs. Je rappelle que la Thaïlande est un royaume où le roi exerce une immense autorité. Le critiquer peut vous amener à la prison ou à de très fortes amendes. Cette démonstration policière nous fait froid dans le dos. Elle me rappelle les contrôles aléatoires en banlieue parisienne. Elle me fait de la peine pour les Thaïlandais qui n’ont aucune liberté d’expression.

Un moment d’intrigue artistique se présente quand nous arrivons au temple noir, environ 10 km avant Chiang Rai. Il nous impressionne par sa multitude de sexes masculins en rut, ses peaux d’animaux morts, ses ossements et coquillages vides. Partout un goût de mort et de sexe malsain.

Détail d’un intérieur du « Temple Noir »
L’une des constructions du temple
L’un des multiples pénis du Temple…
Une déco peu rassurante

Peu après, un joyeux petit bus local nous attrape presque au vol et nous dépose à Chiang Rai, petite ville douce pleine d’artisanat tribal. On s’installe au « Chat House » qui est un paradis de verdure encore une fois et où une chatte obèse farniente sous les tables en quête de câlins et de nourriture.

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Merlin la kidnappe dans notre chambre, elle s’enroule contre nous, profitant de notre fort amour pour ceux de sa race. 😻😽😺

Les chinois sont partout. Il y a quelques années, j’avais vraiment apprécié un voyage en Chine, leur culture millénaire, leur gastronomie, la découverte de leur médecine. Mais les Chinois, en tant que touristes, j’ai vraiment du mal à les supporter. Ils se jettent sur les monuments comme des assoiffés au bar. Ils dégainent leurs téléphones sur perches pour se prendre immédiatement en photo alors qu’ils n’ont même pas encore vraiment vu où ils venaient d’atterrir. Ils bousculent tout le monde, doublent dans les files d’attente, hurlent…Un sentiment de pitié inouï m’envahit quand j’observe ce tableau. On pensait leur échapper au Laos mais ils colonisent tout le nord. Un chinois touche 100 000 dollars s’il s’installe au Laos. Sa femme aussi. Leur enfant également. Du coup, ils exploitent les terres version agriculture intensive avec pesticides et engrais qui tuent les enfants. Voir l’article du journal « Libération » sur ce sujet : « Le gouvernement a vendu le nord du Laos à la Chine »

On arrive en taxi collectif devant le « Temple Blanc », sans doute le plus beau de la Thaïlande. Il est aussi l’oeuvre d’un artiste. Ce temple nous subjugue par sa démesure et sa blancheur parfaite. Il représente le paradis. À l’intérieur, des visuels peints de « mignons », la voiture de « Fast and furious », « Pikachu » Image associée, un « transformer », Zidane avec son crackage de tête à la coupe du monde, etc. Et les dominant tous, Bouddha avec son zen exemplaire. À un moment, on entend un type qui hurle dans un haut-parleur : « the girl, stop it ! Stooop iiiit ! » Soudain, je comprends que c’est moi qu’on engueule si fort. Je réalise qu’il est interdit de photographier les figures moderno-kitch type pikachu, je m’excuse et le garde ne me lâche pas tant que je n’ai pas effacé les deux autres photos. Par contre les Bouddhas on peut les flasher. Bref je ne comprends rien. On sort vannés par l’ambiance selfie, tous les 50 centimètres, les chinois et les touristes en général se prennent en photo, on ne sait plus s’il faut en rire ou en pleurer mais on étouffe. Pauvre humanité… Out !

Détail du « Temple Blanc »
Le « Temple Blanc », symbole du paradis
La souffrance avant d’accéder au temple
Une image de la détresse devant le temple

Chiang Rai est une petite ville bien sympathique, chaleureuse même, modestement belle mais authentique et propre, à l’image de la plupart des rues thaïlandaises (à part les klongs de Bangkok !). Un mégot jeté par terre peut vous coûter vraiment cher. Ici il y a beaucoup moins de touristes qu’à Bangkok ou Chiang Mai. Enfin, « on se sent libéré » comme le dit justement Merlin.

En flânant, nous avons découvert un parc splendide dans lequel se préparait un concert. Nous sommes passés dans un tunnel en forme de coeur, tout l’arrangement floral était très minutieusement pensé et réalisé, j’ai encore cru qu’on avait débarqué au paradis. Merlin me pince, non j’ai mal, nous sommes bien sur Terre.

On se retrouve à côté au « Hilltribe museum » qui nous explique la culture des tribus installées en Thaïlande. La plupart viennent de Chine et de Birmanie. Nous avions rencontré des Karens dans la jungle vers Chiang Mai, ils représentent la tribu la plus nombreuse. Nous refusons de visiter d’autres tribus car en fait, aujourd’hui, cela ressemble à des zoos humains. Les fameuses femmes girafes sont en perdition, les plus jeunes ont 40 ans…20180206_161122.jpg

Les coutumes s’épuisent avec la globalisation culturelle. Bientôt, on sera tous en jean en train de faire des selfies.

De nos jours, les tribus ne cultivent presque plus le pavot depuis que des programmes de remplacement ont été imposés (fraises, chous, etc.). Mais les revenus sont beaucoup moins intéressants que le pavot / l’opium…). Je n’oublie pas certains de mes anciens amis qui sont devenus accros à l’héroïne cette horreur et pire, à son substitut inventé par le médecin d’Hitler, la méthadone dont je crois qu’on ne se défait presque jamais quand les doses sont fortes.

« L’opium est le latex qu’exsude le pavot somnifère. Il est récolté en le laissant couler le long d’incisions sur la capsule de la plante, après perte des fleurs. Il contient une grande concentration d’alcaloïdes comme la morphine ou la codéine, dont elle est extraite. »(Wikipédia)

Juste en dessous se trouve un restaurant associatif « Cabbages and Condoms » qui agit pour le planning familial et qui prône l’utilisation des préservatifs, tous les bénéfices sont reversés à cette structure. Nous avons déjeuné indien, un peu trop épicé malgré nos demandes… 😨

« Non, non ça ne pique pas »…

Non vous ne rêvez pas sur la déco.

Pour finir cet épisode, je partage avec vous ces instruments traditionnels qui existent dans tous les temples bouddhistes, le gong, le tambour et les cloches.

 

Demain, c’est le départ pour le Laos, à quelques kilomètres, mais les formalités à la frontière peuvent prendre du temps. Nous descendrons une partie du pays sur le Mékong (à moins que je me remette à cracher mes boyaux).

@Anna Scheele  20180210_120754-1.jpg  Tous droits réservés – 2018

Phrases du jour : « Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique. » Platon

« Pour être irremplaçable, il faut être différente. » Coco Chanel

 

Mams et Merlin on the road #4

Lundi 22 janvier – Bangkok 💨 Lopburi

Aujourd’hui, nous prenons le train pour Lopburi, une ville très ancienne à environ 140 km de Bangkok. Du temps de Louis XIV, le chevalier de Chaumont fut reçu dans cette ville en tant qu’ambassadeur de France. J’ai toujours préféré les trains aux bus, on peut circuler, ouvrir les fenêtres, rencontrer plus de monde, c’est aussi beaucoup moins dangereux que les bus (en Inde aussi…) et souvent les paysages sont plus intéressants que sur une route. Les rails se glissent avec élégance et lenteur dans les jungles et les rizières alors que les routes sont pleines de véhicules et polluées… Quitter Bangkok va bientôt nous ouvrir aux royaumes de nord et du triangle d’or. Nous aurons rencontré beaucoup de gens de toutes nationalités dans notre chouette maison d’hôtes : des Russes, un étudiant allemand en chimie, des Anglais insupportables (comme d’habitude), des Américains adorables (plus rare), etc. Dans le taxi qui nous amène à la gare centrale, le chauffeur retire ses rares poils de barbe avec une pince à épiler XXL, tout en conduisant bien sûr.

La gare est belle et colorée avec de petits personnages « Kawaï » comme dit Merlin (mot japonais utilisé pour quelque chose de « mignon »).

Oui ça fait niais cette déco mais au moins les enfants sont ravis.

Un garde nous indique notre quai et comme j’ai tendance à être souvent en retard, j’avais pris mes dispositions pour arriver à l’heure mais nous étions quand même en décalage car il fallait encore attendre 45mn dans la chaleur moite (32° à 13h)…

On peut même se faire couper les tifs à la gare, je fais un clin d’oeil spécial à Miki notre cher ami coiffeur du Cap Sizun avec cette photo.

Notre compagnon de route est un bonze. Il n’arrête pas de geeker, il a installé un support afin d’y placer son Samsung dernier cri, les oreillettes sont enfoncées vers les tympans, il s’est plongé dans une série thaïlandaise sans broncher.

Son crâne est tatoué comme les spiral tribe qui nous avaient impressionnés avec ça.

Nous observons un paysage en construction. Nous mesurons encore mieux la notion russe de la « Technosphère ».

Merlin dessine pendant que j’observe le paysage urbain. Peu à peu il se transforme en rizières et bananeraies.

Je crache mes pépins de clémentine par la fenêtre, on dirait de petites dents. J’explique à Merlin à quel point c’est précieux les dents et pas de chance, un pépin rebondit sur le bord de la fenêtre et vient se répercuter sur le crâne de mon voisin de devant. Je fais comme si ce n ‘était pas moi tellement je suis gênée.

Nous arrivons enfin à Lopburi. Partout des collégiens en uniforme, c’est la sortie des classes. Les garçons sont en short avec de très longues chaussettes en laine, oui en laine. On étouffe de chaleur. On cherche notre hôtel mais je me trompe et pousse la porte d’une salle remplie d’ados en train de geeker sur de grands écrans d’ordinateur, Merlin affiche un sourire jusqu’aux oreilles, ils jouent tous à « Country Strike », un call of duty opérationnel à 100% qu’on ira tester demain. L’hôtel est juste à 2 pas plus loin, un truc de hippies comme j’aime, simple et chaleureux. On se jette sous la douche. On a pris l’habitude de laver nos vêtements en même temps puisqu’ils sèchent presque instantanément.

On sort sans aucun objet brillant à cause des singes qui peuvent nous sauter dessus pour les voler. En marchant, on tombe sur un cours de gym collective assez drôle. Une trentaine de femmes remuent sur une musique dance atroce et la prof hurle des mots dans un haut-parleur. Nous sommes totalement fascinés et sans voix, nous observons ce spectacle accablant.

Nous avons essayé de suivre le rythme mais on riait trop

Derrière ce parc, on aboutit à une rue encore plus fascinante : des singes partout, sur les scooters (à l’arrêt hein, ils ne savent pas encore conduire), sur les fils électriques, les trottoirs, dans les magasins…On a un coup de stress et on reste sans bouger près d’une coiffeuse.

Nous sommes totalement scotchés par les singes et soudain deux collégiennes veulent nous prendre en photo avec elles, j’en profite pour leur demander ce qu’elles aiment comme musique : « Shame on you » qu’elles me sortent…On est encore plus horrifiés quand on voit deux singes copuler sur le trottoir juste devant nous…Aucune pudeur, je vous jure.

Les singes sont sacrés en Thaïlande. Ils sont considérés comme les descendants du dieu indien Kala. Donc tout le monde les tolère, les laisse passer sur la route, parfois on voit valser une bobine de fil ou une bouteille de laque, ils sont les maîtres des lieux.

Nous sommes tombés sur les ruines d’un temple Hindou d’influence Khmère, tout en grès et latérite et peuplé de singes lui aussi.

Un Thaïlandais a donné des graines à Merlin pour qu’il leur passe, c’est drôle comme ils se saisissent de la graine avec leurs petits doigts presque humains.

Allez, Merlin va faire son français, une évaluation sur « La petite fille aux allumettes » d’Andersen, un conte larmoyant ou la petite fille meurt de froid, dehors, seule, la nuit de Noël (ce qui me confirme qu’il faut agir de toute urgence contre le caractère dépressif de nos pauvres profs 😂).

Phrase du jour : « Il n’y a pas de honte à préférer le bonheur ». Albert Camus

À suivre 🐵🐒🌝

Anna

Mams et Merlin on the road #2

Jeudi 18 janvier – Bangkok

Ah oui ! Au fait, en Thaïlande nous ne sommes plus en 2018 mais en 2558…Merlin réalise que tout est relatif…

Vu la longueur de ses cheveux, nous allons dans l’un des nombreux salons de coiffure de la rue principale près de notre maison d’hôtes. Une charmante dame nous accueille. Heureusement, Merlin avait enregistré la photo d’un BG coiffé comme il le souhaitait car allez expliquer à un allophone la coupe de vos rêves…Le voilà casé sur un siège, très détendu jusqu’à ce que la tension monte quand il s’est rendu compte que la coiffeuse ne s’arrêtait plus. Elle traquait le moindre petit cheveu qui dépassait mais cela en faisait dépasser d’autres…Au final, je me suis exclamée : « Great ! Niiice ! Cool ! » pour sauver sa coupe car deux minutes plus tard, il aurait ressemblé à un bonze avec la boule à zéro. Mais il faut avouer qu’elle a été très appliquée et nous l’avons remerciée. Cette coupe nous a valu 70 baths, c’est à dire même pas 2 euros ! Au final, Merlin se trouve coupé trop court mais au moins, il se sentira léger !

Suite à cette expérience, nous nous rendons dans un restaurant en terrasse, le « In Love », recommandé par les guides car on y savoure des spécialités de poissons et parce qu’il est situé dans le quartier agréable de Thewet, face au fleuve. Les poissons sautent sans arrêt face à nous et ils ressemblent à des diamants mouvants face au soleil. Tout est calme, agréable, atemporel…Sauf quand un bateau arrive, les sifflets nous défoncent les tympans. La vue sur le pont à haubans Rama-VIII est merveilleuse. Nous goûtons à de délicieux beignets de poissons. J’espère que ce ne sont pas ceux qui étaient à vendre juste à côté de cet établissement…

Ensuite, nous n’avons eu plus que 10 mètres à parcourir pour nous rendre à l’embarcadère et descendre le fleuve vers les temples que nous avions décidé de visiter.

Le beau pont à haubans Rama-VIII

Nous avons été saisis par la beauté du temple de Wat Arun…L’ambiance semble mystique et étrange, des moines prient avec une voix grave et belle. Le temple est idéal, monumental…Avec ses 82 mètres de hauteur, il est l’un des emblèmes de Bangkok.

La céramique recouvre le temple

Wat Arun, le temple de l’aube, a été conçu pour être le premier à recevoir les rayons du soleil (Aruna est la déesse de l’Aurore en Inde). Il représente le mont Méru, centre du monde pour les Bouddhistes. Nous avons rencontré deux françaises très sympathiques dont l’une avait aussi emmené sa fille de 12 ans en voyage en Asie pendant trois mois mais il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, sa fille garde un merveilleux souvenir de cette expérience hors du commun. J’écris ceci à l’intention des gens désagréables qui se sont permis de juger mon projet pour mon fils…Mais leur avis ne m’intéresse pas. Et ils sont très peu nombreux par rapport aux gens qui m’ont soutenue, y compris des gens très évolués. Merlin est bien trop heureux de vivre ces expériences loin d’un quotidien répétitif et « exaspérant » comme il le dit lui-même.

Ensuite, nous n’avions qu’à emprunter un autre bateau pour traverser la rive et nous retrouver dans un autre temple à tomber par terre : le Wat Pho.

Cet ensemble de temples saisissants contient notamment le célèbre Bouddha couché de 45 mètres de long et 15 mètres de haut…Imaginez le gigantisme de cette statue recouverte d’or. Son sourire paisible est celui qu’il arborait avant de rejoindre le nirvana.

Tout autour se trouvent de très beaux jardins permettant le repos dont nous avons joyeusement profité. Nos cathédrales sont renversantes de beauté mais ces temples asiatiques nous semblent encore plus beaux, plus majestueux, et plus vivants aussi. Je précise que le Bouddhisme n’est pas une religion mais une philosophie.

Non, cette divinité n’est pas sur un skate

C’est au sein de ce temple que se trouve la fameuse école de massage où les étudiants se font la main sur vous…

Au retour, nous avons tenté de prendre le bus mais on ne comprenait rien à rien.

Donc on a testé le fameux Touk-Touk…J’ai demandé au conducteur de ne pas rouler trop vite car je sais bien qu’ils sont parfois hyper dangereux. Au final, c’est drôle comme tout mais on respire toute la pollution et vraiment ça pue…

Les chauffeurs ainsi que les habitants portent d’ailleurs souvent des masques de protection.

Vendredi 19 janvier – Bangkok

Un « taxi meter » thaï
Départ au travail des ouvriers, c’est détendu niveau sécurité mais il y a beaucoup de morts sur les routes thaï…
Trajet pour l’école à trois sur le scooter, oklm

Je demande à un taxi de nous déposer au coeur du quartier indien que nous avions loupé auparavant. Merlin a besoin de bermudas et ce prétexte nous fait parcourir les petites allées remplies de Saris, d’encens, de tissus, de boutons et de statues de Ganesh, le dieu éléphant, mon favori des dieux indiens que l’on retrouve aussi dans la culture religieuse thaïlandaise. Merlin trouvait fascinant ces étalages multicolores et ce joyeux bazar nous a semblé hallucinant.

Une entrée du marché indien

Les canaux de part et d’autre du quartier indien
Tentative d’approche du chat jaune au noeud papillon

Le quartier indien rassemble surtout des Sikhs.

Les Sikhs se reconnaissent à leur grand turban

Il y a aussi un marché aux fleurs où les indiennes façonnent des guirlandes destinées aux offrandes dans les temples personnels ou public

***

Merlin étudie l’électricité en sciences physiques, il comprend tout instantanément et se plonge ensuite dans son étude quotidienne de l’anglais et de l’allemand. Je l’aide parfois à apprendre ses mots de vocabulaire ou d’autres choses mais dans l’ensemble, comme il est autonome, j’écris pendant qu’il étudie ou bien je lis. J’aimerais le faire aller une demi journée dans un collège Thaï pour vivre une expérience d’instruction locale. Affaire à suivre. 👕👔💼

Nous avons repris la phrase du jour, comme je faisais avec mes élèves adorés, qui permet de réfléchir à un sujet souvent philosophique tout en progressant en orthographe.

Phrase du jour : « Mieux vaut un ami chéri qu’un mauvais parent. » Proverbe malgache.

À suivre 😻🐙

Mams et Merlin on the road #1

« – Madame !

– Moi ?

– Oui, vous ! Avancez là, à droite ! Contrôle aléatoire » !

À peine arrivés à l’aéroport de Paris Charles de Gaulle, les aventures démarrent. Je me retrouve jambes et bras écartés, sur une sorte de podium qui me met encore plus la honte car je suis bien visible de tous les gens qui font la queue derrière. Merlin me regarde d’un air amusé, rien ne semble jamais l’inquiéter.

 » – Pourquoi moi ? » lui lançai-je d’un air stupide et désespéré.

Je réalisai en même temps que le portillon de contrôle avait sonné lors de mon passage juste après Merlin. La contrôleuse ressemblait au Cerbère et je me pliai au contrôle.

« – Écartez mieux les bras et les jambes s’il vous plaît ». Lire la suite

Comment expliquer l’ Aventure ?

J’ai toujours aimé partir à l’aventure, que ce soit sur un chemin de Bretagne ou dans un désert aride. Seule avec mon sac, en couple ou avec des amis, à chaque fois c’est une expérience magique, l’aventure…

L’aventure, étymologiquement « ad ventura » en latin, c’est ce qui peut arriver, à tout instant, et cela rend l’existence magique et pétillante.

Marcher et découvrir des gens incroyables, laids à pleurer ou beaux à tomber, des paysages inconnus, des situations cocasses et autres délices insoupçonnables, en voilà un projet sans fin.

Pisser au milieu du désert de Gobi, en plein vent, entourée d’autochtones qui font pareil n’a pas de prix…

L’aventure n’est jamais la même, elle est comme une histoire d’amour, elle est unique.

En voyage, on se sent léger, neuf, innocent et frais comme un enfant, débarrassé du superflu ou au contraire bien lourdingue avec ses dix assurances, ses 2 sacs et ses préjugés.

PROVB TIBETAIN SKATE

Tous les sens sont encore plus développés et on prend un plaisir inouï à capter les joies, les beautés, les couleurs, les senteurs, les goûts…On rencontre aussi à l’inverse les peines et les horreurs, les problématiques liées à un lieu, à des situations, comme la pauvreté extrême en Inde qui peut vous prendre aux tripes. Voyager permet de se recadrer, de relativiser, de prendre de la hauteur. Voyager développe notre conscience et rabat aussi notre égo. On se rend compte que nous sommes bien peu de choses mais que nous sommes aussi tous reliés par les mêmes espoirs et les mêmes craintes.

J’ai écrit mes récits de voyage au jour le jour, sur de petits carnets de bord. Ce que vous lirez (Aventures en Russie & Aventures en Inde) est à peine retouché, ce sont des réflexions, de la narration au jour le jour, des expériences parfois tordantes mais aussi malaisantes comme quand je me retrouve dans des bus indiens conduits par des chauffeurs défoncés au  bang qui mettent une brique sur l’accélérateur…

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J’espère que vous prendrez plaisir à lire ces récits de voyage autant que mes amis mais je vous préviens :  Motherindia par exemple est un récit déclencheur ! Certains sont partis en Inde après sa lecture…

Enfin, je vous rassure, même confortablement installé dans votre canapé, vous partirez aussi, je vous décollerai de votre sofa pour vous faire découvrir mille beautés et autant d’horreurs…

Bientôt je reprends la route pour quelques mois avec mon fils de 12 ans, ce sera une première de partir aussi loin avec lui, mais j’ai hâte de lui faire vivre cela, l’Adventura…

On part à l’aventure en musique ?road-sign-1210038_960_720

 

cropped-logo-carrc3a9-inspi-2.jpg© Anna Scheele

3 jeunes Suisses traversent la France en skate !

« Viens on va en Bretagne en skate !

− What ! Mais il y a 1000 bornes ! »

Ils s’appellent Cisco, Matt et Robin. Ils sont Suisses et ont décidé de rallier la Bretagne…en Skate ! Ces 3 jeunes souhaitent montrer que tout est possible pour qui veut réaliser quelque chose, même sans budget conséquent. Ils ont leur sac à dos, des hamacs, des bâches (en guise d’abri), leur planche de skate et leur motivation en bandoulière.

Ils ont aussi l’objectif de récolter des dons financiers, les plus minimes soient-ils, afin de soutenir une association qui s’occupe des ados en difficulté, ciao.fr. Association de soutien aux ados.

Voici un extrait de leur blog, quand ils arrivent à Quimper, puis à Douarnenez, c’est épique vous allez voir !

« Day 69 – « Océan en vue ! »

Le givre est encore présent sur les trottoirs de Quimper que déjà nous reprenons notre route en direction de Douarnenez. Alors que l’on roulait sur la route, j’ai (à vous d’imaginer la scène) appuyé sur l’arrière de mon skate pour qu’il gicle dans ma main pour que je puisse marcher sans avoir perdu une seconde. Le problème est que mon pied retombe sur une plaque de glace.. l’instant qui va suivre va marquer ma deuxième chute folklorique. Patinage artistique puis, à nouveau à cause du poids du sac, je perds l’équilibre et je tombe sur le cul.. moment de silence.. rire.. et on repart ! Deux rues plus loin c’est cette fois-ci une personne âgée qui est tombée sur la tête. On lui demande si ça va, on demande à un passant où est la pharmacie la plus proche, et on l’y envoie pour qu’elle y reçoive un pronostic un peu plus professionnel que le nôtre.

Après avoir tracé une quizaine de kilomètres, on retrouve Mathieu et son fils qui sont venus à notre rencontre en pick-up. Mathieu est aussi un sportif, et sait ce que c’est que de partir en expédition en dormant dehors. Après avoir reçu la générosité des gens, il a bien compté en faire de même avec nous ! Un beau geste. Ils nous préparent donc un repas bien revigorant et nous offre même une galette bretonne en dessert ! Parfait ! Un immense merci à vous deux !

Une fois le ventre plein nous terminons notre étape du jour en arrivant à Douarnenez. Plusieurs voitures nous klaxonnent pour nous féliciter. Sûrement des lecteurs du Télégramme.

Nous resterons donc dans cette charmante petite ville portuaire pour deux jours. Connaissant déjà les lieux, je pourrais donc les faire visiter à Matt et Robin. À noter qu’aujourd’hui a été une journée importante ! C’était la première fois depuis le début de Ride To Breizh que nous voyions l’océan ! Enfin !

Ce soir nous sommes allés manger à la crêperie chez Nadine. Et comme à son habitude, notre appétit se faire remarquer. En même temps il faut dire que des bonnes galettes/crêpes ça passe toujours ! »

Moi qui adore la route, j’ai tout de suite été charmée par leur projet qui allie esprit d’aventure, rencontres improbables et solidarité. Je me suis reconnue dans leur volonté de montrer que si l’on a envie de faire quelque chose, on peut y arriver.

On peut les suivre et les soutenir dans leur projet ici : Le blog des vagabonds.

vagabonds suisses skate
Et oui, il n’est pas toujours possible de rouler 🙂

J’habite en Bretagne avec mon jeune fils ado et je les ai invités sur la route du retour, au cas où ils passent du côté de Lamballe, ils seront vraiment la bienvenue le temps d’un repos.

Franchement, je leur tire mon chapeau, bravo les gars, vous donnez une lueur d’espoir à beaucoup de gens en mal de joies simples…

Anna Scheele (3 décembre 2017)