Mams et Merlin on the road #14

Nous arrivons en bus local à Sadec, toujours dans le delta du Mékong, au Vietnam. Nous suivons une petite route sans cesse encadrée par les multiples méandres du fleuve. J’ai l’impression d’être au milieu d’une touffe de cheveux monumentale tellement le fleuve se divise. C’est encore un grand bonheur de voyager au plus simple, au plus près des gens, des locaux. Comme d’habitude mes jambes sont trop grandes pour les caser contre le siège de devant, et celles de Merlin sont piles à la bonne dimension. Pour les asiatiques je suis surdimensionnée. Bref, on se met en biais. La femme devant nous ne cesse de se retourner en touchant sa joue et en montrant notre visage. Je comprends qu’elle apprécie notre teint. Mais j’en ai marre de ces gens qui ne sont jamais contents de ce que la nature leur a donné. En Occident, les gens font tout leur possible pour être ou paraître bronzés alors qu’ici en Asie, ils se plient en douze pour se blanchir la peau. Depuis la Thaïlande nous voyons des produits cosmétiques blanchissant la peau. En plus, c’est dangereux pour la santé.

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Crèmes pour blanchir la peau

Sadec est une ville dans laquelle je me sens immédiatement bien. Merlin aussi. On arrive sur un marché très riche. Il y a aussi une masse exubérante de bonbons et de gâteaux qui proviennent des fabriques locales. On se croirait dans un conte à la Hansel et Gretel.

Je demande au seul hôtel que je vois en face s’il a une chambre. « Yes, 10 dollars ». Lire la suite

Mams et Merlin on the road #13

Nous quittons Kep dans un van, direction la frontière du Vietnam. La mer défile, scintillante, majestueuse. La mangrove, la jungle, ces paysages nous sourient une dernière fois pendant que le chauffeur ne cesse de klaxonner. Merlin est à l’avant, en copilote. Il aide le chauffeur à boire son thé car sinon il le renverse. Assez vite, à peine une heure après le départ, on s’arrête devant une première barrière, c’est la sortie du royaume du Cambodge. Tout le monde descend afin de faire tamponner son passeport. Un douanier tend un appareil vers nous, je comprends que cela indique notre température corporelle. Mince, je n’ai que 36 degrés…Il nous demande un dollar par personne pour cette visite médicale poussée. Je le regarde amusée et lui dit simplement : « No ». Il n’insiste pas. Encore un petit racket de frontière…Nous passons vers la zone internationale. Nous remplissons une fiche médicale vietnamienne. Avons-nous touché des animaux ? Avons-nous eu la chiasse ? Etc. Nous ‘cochons’ non à tout même si c’est faux pour les animaux mais on ne veut pas d’ennuis. Tampon vietnamien apposé. Levée de barrière. Nous voilà au Vietnam. Encore quelques kilomètres et le jeune chauffeur nous dépose à Ha Tien, toujours sur la côte. A peine arrivés, j’achète un billet de bus local pour Rach Gia car il y a une histoire de rebelle indépendantiste salement assassiné par nous les français et nous voulons en savoir davantage. En attendant le bus, Merlin se fait inviter par un groupe de vietnamiens qui déjeunait par terre. Ni une ni deux, il se retrouve avec un bol de poulpe, du concombre, des tomates. Il goûte et aime la bestiole qu’il mange avec des baguettes. Ils veillent à ce que son bol ne soit pas vide. Merlin se régale et rit avec eux. Ils lui offrent aussi un coca. Ils lui touchent la joue, le regardent avec insistance, avec joie. Ils me proposent aussi du poulpe mais on vient de s’enfiler un en-cas et je le sens pas du tout le poulpe-coca à vrai dire.

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Arrivés à Rach Gia, on se retrouve loin du centre et seules deux moto-taxis patientent à la gare routière. Complètement décomplexé, l’un d’eux se met à tâter les couilles de Merlin en riant. Il se fait pas mal pinçouiller et triturer depuis la Thaïlande mais jusqu’à présent il s’agissait de petites marques d’affection pas du tout gênantes sur le bras ou la joue. Ici, on atteint un degré de proximité…surprenant. Heureusement que Merlin n’est pas pudique, lui ça le fait rire. Moi je trouve ça obscène et je suis prête à rembarrer le gars s’il recommence. On se met d’accord sur un prix et nous revoilà avec le sac à l’avant, le driver, moi en sandwich et Merlin derrière. Chacun avec en plus un sac à dos…Je supplie ma bonne étoile de nous protéger. Il y a encore plus de deux roues que dans les pays précédents. On glisse dans une horde de scooters et de motos qui obéissent à des codes indéchiffrables. Le chauffeur ne trouve pas notre hôtel. Il s’arrête demander la route régulièrement. Enfin il nous dépose et…me demande le double du prix fixé au départ. Je déteste la fourberie et lui donne ce qui était prévu en faisant comme si je n’avais rien compris. Lire la suite

Mams et Merlin on the road #11

Fin février – début mars 2018

Nous trouvons facilement un piroguier pour nous emmener sur l’île de laquelle il est possible d’admirer la plus grande cascade au monde. Nous l’entendons de loin. Elle nous apparaît, magistrale, dans une splendeur rare. Il paraît qu’ici se noient les mauvais esprits et je pense en avoir noyé quelques uns qui ne risquent plus de réapparaître. Tant pis pour eux, tant mieux pour nous. Comme par miracle, des balançoires pour 2 personnes n’attendent que nous juste en face de la cascade. C’est surréaliste de se balancer ainsi innocemment quand le monde part en sucette mais franchement que faire d’autre à ce moment là ? Parfois, dans la vie quotidienne, nous sommes impliqués dans tellement de préoccupations extérieures à nous mêmes que nous oublions de nous retrouver nous-mêmes et de prendre le temps pour tout. Depuis que nous sommes sur la route, il n’y a que le présent qui compte.

Au retour, chance ultime : le coucher de soleil sur le Mékong qui s’étire, calme ou fougueux parfois, toujours très beau, enfin carrément somptueux oui.

26 février

Nous suivons les précieux conseils de notre pote indien du Banana Leaf qui nous a bien aiguillés pour le passage de la frontière cambodgienne qui est pleine de pièges.

Nous sautons dans une pirogue avant 8 heures du matin afin de rejoindre la station de tuk tuk et nous arrivons dans le marché matinal où nous goûtons encore l’un de leur excellent café avec du pain (héritage colonial) et des fruits. La banque ouvre, j’échange nos 2 millions de kips contre…des dollars. Au Cambodge, c’est la monnaie la plus courante comme des voyageurs nous l’avaient expliqué. Je choppe un tuk tuk qui est d’accord pour nous déposer à la frontière. Il veut bien nous conduire à un prix normal mais souhaite patienter car il ne peut s’avancer à moins de 5 km à moins d’attendre l’heure à laquelle les policiers ne sont pas en faction. Du coup, on attend en prolongeant le petit déjeuner. Derrière le marché, au fond se trouve le stand de viande. J’ai failli vomir quand j’ai trébuché sur une machoire de buffle ensanglantée. Des pattes de poulet dans des bassines, des viscères, des morceaux gras, mous, roses, puants, disposés en montagnes recouvertes de mouches. On attend, on attend, on attend. Enfin à 10 heures, on s’asseoit dans sa machine diabolique : un scooter avec une banquette soudée à droite.

Il semble inquiet et pour cause : si la police nous voit à moins de 5 km de la frontière, il reçoit une amende de 300 000 kips, c’est à dire 30 euros, une somme énorme pour les Laotiens qui ne gagnent que 100 euros en moyenne par mois…Moi je suis confiante. Nous repassons aux waterfall énormes, nous attendons encore mais on rigole bien avec lui, nous partageons nos victuailles, je fume mon dernier tarpé car au Cambodge je ne sais pas si c’est autorisé comme au Laos. Nous repartons. Il téléphone parfois. La voie semble dégagée, libre. C’est parti pour les derniers kilomètres au Laos. J’ai une petite peine à cause de tous ces petits gosses rencontrés, et leurs parents, les papas dorloteurs, les rires, la simplicité, nous sommes presque tous les mêmes au fond, nous les humains, nous aimons nos proches, nous cajolons nos gosses, et nous tentons de survivre.

La frontière se profile, notre chauffeur regarde sans arrêt derrière.

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Mams et Merlin on the road #10

On s’arrache de Luamp Bapang dans un bus d’un autre âge, souvent ils sont chinois et usés. La route est terrible. Des virages tortueux qui font vomir les laotiens et comme par hasard surtout notre voisine de derrière. La pauvre évacue le contenu de son estomac avec une régularité qui n’a d’égale que la fréquence des crachats du chauffeur. Nous l’aidons grâce au mélange de plantes (menthe, camphre…) acheté en Thaïlande. L’odeur fraîche nous permet de ne pas vomir nous aussi. J’imagine meme pas ce qu’ils vomissent vu la bouffe proposée avant le départ : de la peau de buffle séchée et de la weed du Mékong.

Parfois, la route se transforme en piste. Nous sommes dans les montagnes. La vue est superbe et contrebalance la dureté du voyage.

Arrivés à Vuang Vieng après le coucher du soleil, nous marchons après le pont avec les deux seuls européens du bus, Olive et Oscar car ils n’avaient aucun plan pour dormir. Par chance, deux chambres sont libres dans des cabanes au milieu d’un jardin mais la surprise sera au réveil avec une vue sur les pics calcaires de la région.

On prépare un sac à la Indiana Jones, prêts à explorer cette région karstique. Des sentiers nous mènent à une grotte étrange, on loue une lampe torche et deux enfants nous guident dans le ventre de la montagne.

La grotte est immense mais étroite. Franchement, j’ai eu peur. Merlin ne glissait pas mais moi oui…dans la glaise et sur les barreaux en bambou des échelles ajoutées ça et là afin de faciliter le passage. En plus, la chaleur était dure à supporter pour une claustrophobe comme moi. Après un temps qui m’a semblé infini, les gosses nous ont montré un petit lagon incroyablement minuscule. Ma lampe frontale ne fonctionnait pas. Je ne voyais pas où j’allais mais je suivais le gosse et Merlin comme je pouvais. Inutile de vous dire à quel point j’étais soulagée de revoir le ciel…La région regorge d’endroits comme celui-ci et après cette expérience nous avons décidé de nous téléporter davantage vers le sud. Ayant conscience de la lenteur des bus, on décide de faire escale à Vientiane, la capitale, afin de fragmenter au maximum nos déplacements. Après une bonne douche à la cabane, la chance nous sourit puisqu’un mini van s’y rendait justement…Sur la route, tout n’est que délabrement et ordures.

La capitale est laide à mourir et triste à pleurer. Certains adoooorent l’architecture coloniale, moi non, pire : je déteste les colons et tout ce qui les représente (merci la fac de Cergy, 95, yo). Les véhicules sont très chargés, j’ai été choquée de voir un petit enfant accroché dans une vilaine bassine sur un pare-choc arrière, on aurait dit un poulet en cage. Faut haïr son gosse pour l’accrocher ainsi, c’est pas possible. Le seul truc positif, c’est notre rencontre avec John, un néo-Zélandais qui est démineur et qui nous a longuement parlé de l’enfer des bombes américaines au Laos.

Au moment où j’écris, nous quittons la capitale pour Paksé, au sud du Laos, dans un bus de nuit à première vue « pas piqué des hannetons » ( 😘 Amixem). À vrai dire, on hallucine complètement avec Merlin et Tanguy, notre nouveau pote de route, un Toulousain amoureux du Vietnam. Le bus est tellement Kawaï ! Nous avons nos petites couchettes, des doubles, avec une couverture Hello Kitty. Oui Hello Kitty.

Le confort est simple et juste parfait. Merlin a encore bien bouché la climatisation mais avec du papier cette fois (je précise qu’on peut le retirer). Notre bus est le roi des bus apparemment donc on est sûrs d’arriver vivants.

Bon, je vais être claire : un bus de nuit au Laos c’est l’aventure totale. Ça tangue, non, ça retourne, ça renverse, ça vous soulève puis vous plaque au pieu. En plus, le king of bus doublait tout le monde en klaxonnant sans arrêt. À un moment, j’ai tenté les toilettes, en bas…Ils étaient inondés, la lunette par terre. Comme nous devons monter sans chaussures dans le bus, nous nous retrouvons à patauger dans la pisse et l’eau de la chasse d’eau (qui est un seau géant ouvert). Avec Merlin, on se met à chanter en russe ce qui correspond à nos moments de désespoirs relatifs. On finit par s’endormir, je ne sais grâce à quel miracle. Et plus étonnant, on se réveille quand le bus s’arrête à notre destination. Ma voisine allemande a mis ses jambes sur les miennes, dans le couloir. Le bus ressemble à un capharnaüm dégueulasse. On se retrouve dehors, dans la chaleur moite et les prémisses d’un soleil qui s’annonce torride comme Jacqueline qui attend Gérard. Dehors, en marchant vers le repaire indiqué par le démineur, nous avons la chance d’observer un tout début de journée laotienne : une très petite fille qui s’habille dans la cour d’une école puis qui passe par les grilles dans la rue tellement elle est fine. Partout, les habitants sortent des chaises ou des tabourets dans la rue afin de poser des offrandes à leurs morts, des fruits, des jus, des encens brûlants. Des poulets, des chiens nous escortent. Nous nous sentons claqués mais heureux. On s’asseoit dans une gargotte avec des locaux qui sirotent un café préparé par une femme très vieille. Et oui, pas de retraite au Laos…Certains disent que le café laotien figure parmi le meilleur au monde…Et c’est un délice en effet. Il est servi accompagné de crème sucrée et avec un verre de thé vert.

Après une journée très tranquille et étouffante de chaleur, nous décidons de partir sur le plateau des Bolavens qui est une région splendide dont une connaissance m’avait révélé quelques secrets vraiment attirants. On embarque dans un camtar pour rejoindre une coopérative de plantations de thé et de café.

Vous voyez les grains de café ?

Une plantation de café avec des ruches en arrière-plan

Ensuite, la femme qui conduit le camion nous amène à des cascades splendides mais ce qui nous aura vraiment fascinés, c’est notre rencontre avec la tribu Katou !

Comment vous expliquer à quel point c’est merveilleux de voir Merlin jouer avec les enfants du village ? La balle est une vieille tongue mais peu importe. Les rires fusent de partout et moi je les regarde avec un profond ravissement. Ils jouent à une balle aux prisonniers, les filles commandent, donnent parfois une fessée aux garçons.

Plus loin, je vois de petits enfants tous nus au milieu des poulets et des cochons. J’apprends que les gosses fument le bong (vous savez la pipe à eau avec du tabac) et que les hommes ont plusieurs femmes. On m’apprend que cette tribu est animiste, comme beaucoup de Laotiens. Ils croient qu’un esprit anime toutes choses, les cailloux, les plantes, l’eau, le feu… Moi aussi au fond j’y crois, enfin je le sens bien quand je cultive ou quand je suis dans la nature. Ils sont choquants en revanche de marier leurs petites filles dès l’âge de…8 ans. Avec un homme qui peut en avoir 40…Je ne les juge pas davantage car ce n’est pas malsain pour eux alors que nos sociétés ne protègent pas assez les enfants des pédophiles…Quand on voit la justice…Laissez moi rire…Et ces instits bizarres qui conservent leurs postes ou bien l’éducation nationale qui recrute des enseignants à pôle emploi sans vérifier leur casier judiciaire…Oui cela fait froid dans le dos.

En partant, on se baigne au pied d’une cascade, le plateau est beaucoup moins torride que la plaine en bas mais nous adorons l’eau et bien sûr nos maillots sont déjà sur nous.

On arrive le lendemain aux 4000 îles, à l’extrême sud du Laos. En face, le Cambodge. Nous prenons un petit bateau pour nous rendre sur l’île de Don Det qui rassemble plein de bungalows, je réalise que l’endroit est un énorme chill out où tous les voyageurs fatigués qui viennent de descendre le Laos viennent se reposer un peu. L’endroit est plus frais qu’à Paksé et vraiment sublime. Le Mékong est magnifique, partout des plages et des îles recouvertes de jungle. Tout respire l’indolence et le paradis terrestre. En plus, j’ai une surprise : ça sent l’herbe partout. C’est légal ici, ils la cuisinent même ! Ils font des soupes de poulet à la beu par exemple. Nous passons notre temps à écouter du bon son et à nous reposer. Nous avons eu la chance de retomber sur Moustaflex, un joyeux Toulousain rencontré à Chiang Mai en Thaïlande. Il nous présente son pote, un artiste clown. On rit, on est désoeuvré, on mange indien encore, on dort, on réécoute du bon son, on regarde les pêcheurs sur le fleuve scintillant, on se balance dans les hamacs, on rit encore…

Aujourd’hui, nous avons loué des vélos pour explorer l’île de Don Khône. C’est un sentiment étrange de pédaler dans la jungle mais les chemins sont bien praticables dans l’ensemble, exception faite de certains coins.

Nous suivons l’ancienne voie de chemin de fer construite par les français de l’Indochine. Quelle déception pour eux de réaliser qu’il leur était impossible de rejoindre le Cambodge. Le Mékong est trop grand, les îles trop éloignées pour y étendre des ponts. La fin d’un rêve. Bien fait pour leurs ambitions coloniales. Nous déjeunons sur la plage une délicieuse soupe laotienne. Nous faisons la rencontre d’une famille adorable avec laquelle nous partageons de bons moments.

À chaque coup de pédale, ça sent de plus en plus la weed mais elle n’est pas visible. Elle nous arrive par grosses bouffées généreuses dans un air tropical chaud et doux. Les rares maisons sont toutes sur pilotis. La végétation est luxuriante, abondante, variée. Mais cette odeur ! Dommage qu’il nous soit impossible de capturer et de diffuser des odeurs sur internet car je pense que vous auriez été séduits par cet endroit. Et tout autour de l’île, les rivages aussi scintillants que ceux de mon Cap Sizun. Je mesure bien cette comparaison car presque rien, jamais, n’arrive à la cheville des beautés sauvages de ce coin perdu du Finistère sud. Et pourtant ici quelque chose de semblable est palpable, dans la majesté sauvage du site, dans la simplicité des éléments, dans la puissance de la lumière.

Heureusement, Merlin a pris de l’avance au Cned car les prises ne veulent pas de notre ordi. Tout n’est que bricolage, système D, tuyaux bizarres et chasse d’eau casseroles. Les hommes bercent les bébés tandis que les femmes travaillent au champ. Dès le lever de soleil nous entendons les coqs chanter et les gens cracher. L’autre nuit, nous avons subi une attaque des plus abominables. On allait dormir quand soudain, je vois un gros mille pattes avec une pince noire aussi grande que lui se diriger tranquillement vers nous. Je cherche à le faire dégager tellement ça nous dégoûte ce genre d’intrus mais…Il déploie deux ailes, oui c’est l’enfer, il s’envole vers nous, sa grosse pince ouverte. Et pas de chance, devant notre chambre squattaient des moustiques en masse à cause de la lampe du proprio donc je ne pouvais pas ouvrir la porte car sinon Merlin se faisait dévorer. On s’est mis à hurler, je pense que toute l’île nous a entendus. Je saisis une tongue et j’arrive à l’assommer partiellement. Je finis le travail en l’exécutant. Un monstre noir je vous jure. Ici, les Laotiens bouffent les insectes. Ils dévorent les oiseaux aussi…Les seuls que nous ayons vus sont en cage : un ménate génial qui faisait le porc, le chat, le coq et un bruit électronique de jeu vidéo et les pigeons de l’Indien très sympathique chez qui nous mangeons de succulents plats indiens, au « Banana Leaf ». C’est lui qui nous a expliqué que les Laotiens mangent les oiseaux. Au final, nous avons changé de chambre car il y a beaucoup trop d’insectes juste devant le fleuve. Et nous sommes insectophobes, comme vous l’avez compris.

La chambre maudite

Ça et là flotte encore le drapeau marxiste. On se croit à une autre époque. Les Laotiens n’ont rien d’acharnés du marteau pourtant. Ils travaillent très tranquillement, tout doucement, se reposent souvent dans leurs hamacs.

Nous nous préparons à passer la frontière du Cambodge d’ici un jour ou deux, si possible sans nous faire raquetter, c’est la coutume apparemment. Les douaniers ont même mis en place une fausse visite médicale, payante bien sûr. Je mets donc actuellement un stratagème au point avec l’aide de l’Indien qu’on adore et je cherche aussi le numéro de l’Ambassadeur de France au Cambodge pour les embrouiller un maximum (si vous l’avez, merci). J’aime pas les voleurs.

À suivre 👉💗

Phrases du jour 💥: « Écrire, pourquoi ? Écrire pour qui ? Est-ce vraiment si important ? Écrire l’activité des insectes que nous sommes ! » Normand Rousseau

💥« Chacun de nous porte en lui ses propres îles, refuges contre la bêtise, la laideur et la sourde contrainte d’un ordinaire non-désiré. » Jacques Chancel

Mams et Merlin on the water #9

Thaïlande-Laos 📰✒📷 12/16 février 2018

Passer une frontière est parfois simple, souvent complexe. Pour passer au Laos, le bus s’arrête quelques kilomètres avant, ensuite il faut prendre un tuk-tuk, trouver des dollars car les Laotiens n’acceptent que cette maudite monnaie pour payer le visa, reprendre un bus. Montrer les passeports, se faire vérifier le visage avec une caméra, remplir plein de papiers remplis de requêtes pointilleuses (numéro du bus qui nous a amenés, adresse de l’hôtel où nous irons, son téléphone, etc.). J’invente la moitié des infos car nous les ignorons, puis je les refile à nos nouveaux potes de route, un Colombien avec sa chérie Barcelonnaise et un couple de viticulteurs français du Gard, débordants de gentillesse, avec lesquels nous sommes encore aujourd’hui, le lendemain du passage de frontière. En plus, ils connaissent le Vietnam où nous irons après le Cambodge donc ils nous filent des tas de tuyaux.

Je passe à la banque du village.

« How much do you want ?

– One million please. »

Oui, vous avez bien lu, pour la première fois de ma vie je demande à retirer 1 million. Je me crois dans un film ou à la tête d’une mafia opulente de l’opium. Mais un million de kips cela ne vaut que 100 euros…On se retrouve avec une liasse improbable dans l’un des 10 pays les plus pauvres du monde. Merlin reçoit les sourires des laotiennes de son âge. Une petite obèse qui n’en finissait plus de sucer des saucisses en sucre le yeutait sans fin en lui envoyant des sourires timides. Merlin lui en renvoyait autant mais il était tellement mal à l’aise que je n’ai pas pu m’empêcher de rire dans mon sac sous la table du petit resto.

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Mams et Merlin on the road #7

Nous étudions beaucoup en ce moment : Merlin ses cours de maths, de français et d’histoire, allongé à l’école de massage qui est un vrai paradis fleuri, au milieu des masseuses pros et moi en tant qu’élève en massage thaï traditionnel et massage avec les boules d’herbes médicinales.

Les cours sont intensifs mais très constructifs. Le massage Thaïlandais provient d’Inde et date d’il y a 2500 ans. Il a été inventé par un médecin yogi, un ami de Bouddha. Au départ, il était réservé à la famille royale et était dispensé par des ermites, des moines qui se délivraient ce savoir de façon orale.

Les cours commencent par une prière bouddhiste pour respecter son professeur. Je dois me mettre à genoux puis répéter des paroles thaïes que je ne comprends pas, ce que je trouve un peu stupide mais je m’y soumets platement. De toutes façons, je respecte ma prof car elle est pro et cool. J’ai une prof juste pour moi sur laquelle je peux m’entraîner. Elle est une cobaye formidable, très patiente. Le corps n’a rien de tabou ici. Elle m’apprend comment masser chaque partie du corps, des doigts de pieds au crâne, en passant par les fesses, sans aucun complexe. Au bout de plusieurs jours d’apprentissage, j’ai obtenu un agrément mais je dois pratiquer beaucoup et régulièrement pour devenir une pro. Merlin, qui adore les massages, va être très heureux. À la fin de cette session d’apprentissage, j’étais vannée et j’ai passé la dernière soirée à vomir à cause de cette fatigue à moins que les vapeurs des plantes que l’on met dans les boules de massage n’en fussent responsables. Justement, les plantes que les Thaïlandais mettent dans les balles sont le kaffir, le tamarin, le curcuma et d’autres encore.

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Le tamarin vient d’Inde. Il favorise la digestion, est laxatif, expectorant, stimule le système hépatique, rénal et nerveux, calme la douleur, donne du tonus, est anti-viral, anti-inflammatoire et antioxydant…Rien que cela !

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En balade au marché du coin de la rue, voilà ce que l’on peut y trouver : beaucoup d’herbes et d’épices mais aussi des savons aux formes inattendues.

Ce sont … des savons bien sûr 😉

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Le festival des fleurs à Chiang Mai (2 & 3 février)

Une vraie splendeur nous attend ce premier week-end de février avec une débauche hallucinante de fleurs de toutes sortes dans le parc…et aux alentours. Ce festival existe depuis plus de 40 ans et signe la fin de la saison fraîche. Il a lieu au moment où les fleurs atteignent leur fleurissement maximal. Nous voyons surtout des orchidées, des roses, des chrysanthèmes mais aussi d’époustouflantes expositions de bonsaïs. Rien est à vendre, tout est offert aux regards émerveillés.

C’est surtout au parc public « Buak Had », au sud-est de la vieille ville de Chiang Mai que se trouvent la plupart des arrangements floraux. On se croyait au jardin d’Eden tellement c’est beau. Partout des entrelacs de couleurs et d’odeurs, sous un soleil généreux mais jamais insupportable. Ici et là des libellules, des papillons, de tous petits enfants qui s’entraînent à leur spectacle de chants du week-end, des maîtresses qui semblent douces avec eux, des policiers sur leurs smartphones…Des hamacs fleuris, des carrés de fleurs flottantes, des tapis de cosmos roses, des hortensias, et au loin les cocotiers et les bananiers…Tout est soigneusement mis en scène dans ce parc somptueux pendant les quelques jours qui précèdent l’évènement.

 

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Deuxième jour du festival (samedi 3 février)

Nous assistons à une parade de chars fleuris où trône une ravissante Thaïlandaise (ou pas) dans chaque char. C’est assez kitch franchement mais ébahissant quand même pour l’imagination dont les créateurs ont su faire preuve.

À la suite du char se succèdent le sound-system avec son groupe électrogène parfois surplombé d’un parasol protecteur, puis des gens habillés en tenue traditionnelle qui marchent, dansent ou jouent d’un instrument. Avec Merlin, on s’étonne de leurs tenues ou de leurs instruments dont la plupart nous sont inconnus. Des gens de tous les âges défilent mais il y a surtout des jeunes.

Le soir, nous sommes retournés au parc pour assister aux danses et concerts de l’ancien royaume Lanna et nous avons été gâtés par le hasard puisque des places VIP s’étaient libérées au premier rang. 🌠

La musique est répétitive avec des sonorités souvent aiguës et il y a bien trop peu de rythme à mon goût mais nous avons découvert d’autres instruments et les danses sont très gracieuses.

Nous avons pu observer leurs mains et leurs ongles qui dansent autant que leurs corps.

Malheureusement, il y avait une danseuse à la limite de l’obésité. Pourtant, elle bougeait elle aussi avec une légère once de beauté. Par ailleurs je pense que nous pouvons remercier la majesté de son costume ainsi que son maquillage et sa coiffure. Enfin le fait d’assumer son corps tel qu’il est rend forcément plus beau.

Nous avons encore pris plaisir à admirer dans le détail les chars fleuris qui sont le reflet d’une patience angélique de la part des gens qui ont fixé chaque fleur dessus.

Détail d’un char
Char-chat fleuri ❤

Entre temps, Merlin s’est fait de nouveaux amis chinois à la piscine qui jouxte notre guest-house et ça y est nous mangeons 100% Thaï sans problème sauf quand on a la mauvaise idée d’ajouter des sauces pimentées, là on saute au plafond. Nous trouvons leur cuisine savoureuse, elle est pleine d’herbes et de plusieurs ingrédients différents coupés en tout petit, comme le font les chinois. Merlin a même pensé devenir cuistot sur des croisières (son projet précédent était de devenir architecte).

A midi, ils mangent souvent une soupe, ici un mélange de pâtes, de poulet, de plantes aromatiques, de petits légumes râpés type carottes, etc.

Hier, nous nous sommes retrouvés dans un garage-cuisine très incongru où la femme cuisinait une excellente soupe aux noodles (aux pâtes). À côté sur l’arbre, pendait son compteur électrique et à quelques pas, on aurait pu « poser nos miches » comme disent les Brestois dans un bar à chats, si les proprios avaient été là.

Dans Chiang Mai, nous avons toujours cet enchantement de tomber sur des temples bouddhistes, qui nous appellent au repos et à la réflexion.

Un nāga (नाग ou serpent en sanskrit) est un être mythique de l’hindouisme qui protège l’entrée de presque tous les temples bouddhistes.

 

Les Nâgas, dans la tradition Bouddhiste Thaïlandaise, sont les esprits des eaux, gardiens de trésors immenses et mystérieux. On les représente le plus souvent sous la forme de serpents.

Demain matin, nous allons prendre le bus et quitter cette ville dans laquelle nous avons passé 10 jours intenses en apprentissages et en émerveillements pour aller tout au nord, à l’endroit où le regard embrasse à la fois la Thaïlande, la Birmanie et le Laos : la ville de Sop Ruak, au confluent du Mékong et de la rivière Mae Nam Ruak. 🔀

Quelques phrases du jour pour Merlin 🌼 « La danse est la langue cachée de l’âme ». Martha Graham

🌸 « Rien n’arrête un peuple qui danse. » Anonyme

À suivre 🌏💦😀🙅🙆

Merlin et Anna