Interview de Merlin, 12 ans – 3 mois en Asie du sud-est

Merlin, tu as passé trois mois sur les routes d’Asie du sud-est. Quel sont les plus grands chocs culturel que tu as vécu ?

Les Bouddhistes qui se baladent dans les rues, les cafards géants et la chaleur.

Est-ce que la France, tes amis, la famille t’ont manqué ?

Non car il y avait tellement de choses à voir qu’on ne vit pas dans le passé.

Cite 3 spécialités culinaires que tu as adoré.

Les cafés au caramel et les rouleaux de printemps du quartier de Sam Sen Road à Bangkok et la nourriture indienne qu’on trouve partout et qui est succulente. Parfois on en avait marre des « soupes de nouilles » (un des plats principaux) car comme on est végétariens on nous les servait avec quelques végétaux. Bref, on s’est tellement régalé chez les Indiens que quand je suis rentré j’ai cuisiné un « Aloo Palak », c’est une spécialité indienne à base d’épinards, de tomates et de pommes de terre.

Cite les aliments d’Asie qui t’ont le plus surpris.

Les larves et les sauterelles en Thaïlande (franchement, ça ne me tentait pas du tout) et les mini poulpes au Vietnam que j’ai goûtés et que j’ai aimés !

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Mams et Merlin on the road #11

Fin février – début mars 2018

Nous trouvons facilement un piroguier pour nous emmener sur l’île de laquelle il est possible d’admirer la plus grande cascade au monde. Nous l’entendons de loin. Elle nous apparaît, magistrale, dans une splendeur rare. Il paraît qu’ici se noient les mauvais esprits et je pense en avoir noyé quelques uns qui ne risquent plus de réapparaître. Tant pis pour eux, tant mieux pour nous. Comme par miracle, des balançoires pour 2 personnes n’attendent que nous juste en face de la cascade. C’est surréaliste de se balancer ainsi innocemment quand le monde part en sucette mais franchement que faire d’autre à ce moment là ? Parfois, dans la vie quotidienne, nous sommes impliqués dans tellement de préoccupations extérieures à nous mêmes que nous oublions de nous retrouver nous-mêmes et de prendre le temps pour tout. Depuis que nous sommes sur la route, il n’y a que le présent qui compte.

Au retour, chance ultime : le coucher de soleil sur le Mékong qui s’étire, calme ou fougueux parfois, toujours très beau, enfin carrément somptueux oui.

26 février

Nous suivons les précieux conseils de notre pote indien du Banana Leaf qui nous a bien aiguillés pour le passage de la frontière cambodgienne qui est pleine de pièges.

Nous sautons dans une pirogue avant 8 heures du matin afin de rejoindre la station de tuk tuk et nous arrivons dans le marché matinal où nous goûtons encore l’un de leur excellent café avec du pain (héritage colonial) et des fruits. La banque ouvre, j’échange nos 2 millions de kips contre…des dollars. Au Cambodge, c’est la monnaie la plus courante comme des voyageurs nous l’avaient expliqué. Je choppe un tuk tuk qui est d’accord pour nous déposer à la frontière. Il veut bien nous conduire à un prix normal mais souhaite patienter car il ne peut s’avancer à moins de 5 km à moins d’attendre l’heure à laquelle les policiers ne sont pas en faction. Du coup, on attend en prolongeant le petit déjeuner. Derrière le marché, au fond se trouve le stand de viande. J’ai failli vomir quand j’ai trébuché sur une machoire de buffle ensanglantée. Des pattes de poulet dans des bassines, des viscères, des morceaux gras, mous, roses, puants, disposés en montagnes recouvertes de mouches. On attend, on attend, on attend. Enfin à 10 heures, on s’asseoit dans sa machine diabolique : un scooter avec une banquette soudée à droite.

Il semble inquiet et pour cause : si la police nous voit à moins de 5 km de la frontière, il reçoit une amende de 300 000 kips, c’est à dire 30 euros, une somme énorme pour les Laotiens qui ne gagnent que 100 euros en moyenne par mois…Moi je suis confiante. Nous repassons aux waterfall énormes, nous attendons encore mais on rigole bien avec lui, nous partageons nos victuailles, je fume mon dernier tarpé car au Cambodge je ne sais pas si c’est autorisé comme au Laos. Nous repartons. Il téléphone parfois. La voie semble dégagée, libre. C’est parti pour les derniers kilomètres au Laos. J’ai une petite peine à cause de tous ces petits gosses rencontrés, et leurs parents, les papas dorloteurs, les rires, la simplicité, nous sommes presque tous les mêmes au fond, nous les humains, nous aimons nos proches, nous cajolons nos gosses, et nous tentons de survivre.

La frontière se profile, notre chauffeur regarde sans arrêt derrière.

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Mams et Merlin on the road #10

On s’arrache de Luamp Bapang dans un bus d’un autre âge, souvent ils sont chinois et usés. La route est terrible. Des virages tortueux qui font vomir les laotiens et comme par hasard surtout notre voisine de derrière. La pauvre évacue le contenu de son estomac avec une régularité qui n’a d’égale que la fréquence des crachats du chauffeur. Nous l’aidons grâce au mélange de plantes (menthe, camphre…) acheté en Thaïlande. L’odeur fraîche nous permet de ne pas vomir nous aussi. J’imagine meme pas ce qu’ils vomissent vu la bouffe proposée avant le départ : de la peau de buffle séchée et de la weed du Mékong.

Parfois, la route se transforme en piste. Nous sommes dans les montagnes. La vue est superbe et contrebalance la dureté du voyage.

Arrivés à Vuang Vieng après le coucher du soleil, nous marchons après le pont avec les deux seuls européens du bus, Olive et Oscar car ils n’avaient aucun plan pour dormir. Par chance, deux chambres sont libres dans des cabanes au milieu d’un jardin mais la surprise sera au réveil avec une vue sur les pics calcaires de la région.

On prépare un sac à la Indiana Jones, prêts à explorer cette région karstique. Des sentiers nous mènent à une grotte étrange, on loue une lampe torche et deux enfants nous guident dans le ventre de la montagne.

La grotte est immense mais étroite. Franchement, j’ai eu peur. Merlin ne glissait pas mais moi oui…dans la glaise et sur les barreaux en bambou des échelles ajoutées ça et là afin de faciliter le passage. En plus, la chaleur était dure à supporter pour une claustrophobe comme moi. Après un temps qui m’a semblé infini, les gosses nous ont montré un petit lagon incroyablement minuscule. Ma lampe frontale ne fonctionnait pas. Je ne voyais pas où j’allais mais je suivais le gosse et Merlin comme je pouvais. Inutile de vous dire à quel point j’étais soulagée de revoir le ciel…La région regorge d’endroits comme celui-ci et après cette expérience nous avons décidé de nous téléporter davantage vers le sud. Ayant conscience de la lenteur des bus, on décide de faire escale à Vientiane, la capitale, afin de fragmenter au maximum nos déplacements. Après une bonne douche à la cabane, la chance nous sourit puisqu’un mini van s’y rendait justement…Sur la route, tout n’est que délabrement et ordures.

La capitale est laide à mourir et triste à pleurer. Certains adoooorent l’architecture coloniale, moi non, pire : je déteste les colons et tout ce qui les représente (merci la fac de Cergy, 95, yo). Les véhicules sont très chargés, j’ai été choquée de voir un petit enfant accroché dans une vilaine bassine sur un pare-choc arrière, on aurait dit un poulet en cage. Faut haïr son gosse pour l’accrocher ainsi, c’est pas possible. Le seul truc positif, c’est notre rencontre avec John, un néo-Zélandais qui est démineur et qui nous a longuement parlé de l’enfer des bombes américaines au Laos.

Au moment où j’écris, nous quittons la capitale pour Paksé, au sud du Laos, dans un bus de nuit à première vue « pas piqué des hannetons » ( 😘 Amixem). À vrai dire, on hallucine complètement avec Merlin et Tanguy, notre nouveau pote de route, un Toulousain amoureux du Vietnam. Le bus est tellement Kawaï ! Nous avons nos petites couchettes, des doubles, avec une couverture Hello Kitty. Oui Hello Kitty.

Le confort est simple et juste parfait. Merlin a encore bien bouché la climatisation mais avec du papier cette fois (je précise qu’on peut le retirer). Notre bus est le roi des bus apparemment donc on est sûrs d’arriver vivants.

Bon, je vais être claire : un bus de nuit au Laos c’est l’aventure totale. Ça tangue, non, ça retourne, ça renverse, ça vous soulève puis vous plaque au pieu. En plus, le king of bus doublait tout le monde en klaxonnant sans arrêt. À un moment, j’ai tenté les toilettes, en bas…Ils étaient inondés, la lunette par terre. Comme nous devons monter sans chaussures dans le bus, nous nous retrouvons à patauger dans la pisse et l’eau de la chasse d’eau (qui est un seau géant ouvert). Avec Merlin, on se met à chanter en russe ce qui correspond à nos moments de désespoirs relatifs. On finit par s’endormir, je ne sais grâce à quel miracle. Et plus étonnant, on se réveille quand le bus s’arrête à notre destination. Ma voisine allemande a mis ses jambes sur les miennes, dans le couloir. Le bus ressemble à un capharnaüm dégueulasse. On se retrouve dehors, dans la chaleur moite et les prémisses d’un soleil qui s’annonce torride comme Jacqueline qui attend Gérard. Dehors, en marchant vers le repaire indiqué par le démineur, nous avons la chance d’observer un tout début de journée laotienne : une très petite fille qui s’habille dans la cour d’une école puis qui passe par les grilles dans la rue tellement elle est fine. Partout, les habitants sortent des chaises ou des tabourets dans la rue afin de poser des offrandes à leurs morts, des fruits, des jus, des encens brûlants. Des poulets, des chiens nous escortent. Nous nous sentons claqués mais heureux. On s’asseoit dans une gargotte avec des locaux qui sirotent un café préparé par une femme très vieille. Et oui, pas de retraite au Laos…Certains disent que le café laotien figure parmi le meilleur au monde…Et c’est un délice en effet. Il est servi accompagné de crème sucrée et avec un verre de thé vert.

Après une journée très tranquille et étouffante de chaleur, nous décidons de partir sur le plateau des Bolavens qui est une région splendide dont une connaissance m’avait révélé quelques secrets vraiment attirants. On embarque dans un camtar pour rejoindre une coopérative de plantations de thé et de café.

Vous voyez les grains de café ?

Une plantation de café avec des ruches en arrière-plan

Ensuite, la femme qui conduit le camion nous amène à des cascades splendides mais ce qui nous aura vraiment fascinés, c’est notre rencontre avec la tribu Katou !

Comment vous expliquer à quel point c’est merveilleux de voir Merlin jouer avec les enfants du village ? La balle est une vieille tongue mais peu importe. Les rires fusent de partout et moi je les regarde avec un profond ravissement. Ils jouent à une balle aux prisonniers, les filles commandent, donnent parfois une fessée aux garçons.

Plus loin, je vois de petits enfants tous nus au milieu des poulets et des cochons. J’apprends que les gosses fument le bong (vous savez la pipe à eau avec du tabac) et que les hommes ont plusieurs femmes. On m’apprend que cette tribu est animiste, comme beaucoup de Laotiens. Ils croient qu’un esprit anime toutes choses, les cailloux, les plantes, l’eau, le feu… Moi aussi au fond j’y crois, enfin je le sens bien quand je cultive ou quand je suis dans la nature. Ils sont choquants en revanche de marier leurs petites filles dès l’âge de…8 ans. Avec un homme qui peut en avoir 40…Je ne les juge pas davantage car ce n’est pas malsain pour eux alors que nos sociétés ne protègent pas assez les enfants des pédophiles…Quand on voit la justice…Laissez moi rire…Et ces instits bizarres qui conservent leurs postes ou bien l’éducation nationale qui recrute des enseignants à pôle emploi sans vérifier leur casier judiciaire…Oui cela fait froid dans le dos.

En partant, on se baigne au pied d’une cascade, le plateau est beaucoup moins torride que la plaine en bas mais nous adorons l’eau et bien sûr nos maillots sont déjà sur nous.

On arrive le lendemain aux 4000 îles, à l’extrême sud du Laos. En face, le Cambodge. Nous prenons un petit bateau pour nous rendre sur l’île de Don Det qui rassemble plein de bungalows, je réalise que l’endroit est un énorme chill out où tous les voyageurs fatigués qui viennent de descendre le Laos viennent se reposer un peu. L’endroit est plus frais qu’à Paksé et vraiment sublime. Le Mékong est magnifique, partout des plages et des îles recouvertes de jungle. Tout respire l’indolence et le paradis terrestre. En plus, j’ai une surprise : ça sent l’herbe partout. C’est légal ici, ils la cuisinent même ! Ils font des soupes de poulet à la beu par exemple. Nous passons notre temps à écouter du bon son et à nous reposer. Nous avons eu la chance de retomber sur Moustaflex, un joyeux Toulousain rencontré à Chiang Mai en Thaïlande. Il nous présente son pote, un artiste clown. On rit, on est désoeuvré, on mange indien encore, on dort, on réécoute du bon son, on regarde les pêcheurs sur le fleuve scintillant, on se balance dans les hamacs, on rit encore…

Aujourd’hui, nous avons loué des vélos pour explorer l’île de Don Khône. C’est un sentiment étrange de pédaler dans la jungle mais les chemins sont bien praticables dans l’ensemble, exception faite de certains coins.

Nous suivons l’ancienne voie de chemin de fer construite par les français de l’Indochine. Quelle déception pour eux de réaliser qu’il leur était impossible de rejoindre le Cambodge. Le Mékong est trop grand, les îles trop éloignées pour y étendre des ponts. La fin d’un rêve. Bien fait pour leurs ambitions coloniales. Nous déjeunons sur la plage une délicieuse soupe laotienne. Nous faisons la rencontre d’une famille adorable avec laquelle nous partageons de bons moments.

À chaque coup de pédale, ça sent de plus en plus la weed mais elle n’est pas visible. Elle nous arrive par grosses bouffées généreuses dans un air tropical chaud et doux. Les rares maisons sont toutes sur pilotis. La végétation est luxuriante, abondante, variée. Mais cette odeur ! Dommage qu’il nous soit impossible de capturer et de diffuser des odeurs sur internet car je pense que vous auriez été séduits par cet endroit. Et tout autour de l’île, les rivages aussi scintillants que ceux de mon Cap Sizun. Je mesure bien cette comparaison car presque rien, jamais, n’arrive à la cheville des beautés sauvages de ce coin perdu du Finistère sud. Et pourtant ici quelque chose de semblable est palpable, dans la majesté sauvage du site, dans la simplicité des éléments, dans la puissance de la lumière.

Heureusement, Merlin a pris de l’avance au Cned car les prises ne veulent pas de notre ordi. Tout n’est que bricolage, système D, tuyaux bizarres et chasse d’eau casseroles. Les hommes bercent les bébés tandis que les femmes travaillent au champ. Dès le lever de soleil nous entendons les coqs chanter et les gens cracher. L’autre nuit, nous avons subi une attaque des plus abominables. On allait dormir quand soudain, je vois un gros mille pattes avec une pince noire aussi grande que lui se diriger tranquillement vers nous. Je cherche à le faire dégager tellement ça nous dégoûte ce genre d’intrus mais…Il déploie deux ailes, oui c’est l’enfer, il s’envole vers nous, sa grosse pince ouverte. Et pas de chance, devant notre chambre squattaient des moustiques en masse à cause de la lampe du proprio donc je ne pouvais pas ouvrir la porte car sinon Merlin se faisait dévorer. On s’est mis à hurler, je pense que toute l’île nous a entendus. Je saisis une tongue et j’arrive à l’assommer partiellement. Je finis le travail en l’exécutant. Un monstre noir je vous jure. Ici, les Laotiens bouffent les insectes. Ils dévorent les oiseaux aussi…Les seuls que nous ayons vus sont en cage : un ménate génial qui faisait le porc, le chat, le coq et un bruit électronique de jeu vidéo et les pigeons de l’Indien très sympathique chez qui nous mangeons de succulents plats indiens, au « Banana Leaf ». C’est lui qui nous a expliqué que les Laotiens mangent les oiseaux. Au final, nous avons changé de chambre car il y a beaucoup trop d’insectes juste devant le fleuve. Et nous sommes insectophobes, comme vous l’avez compris.

La chambre maudite

Ça et là flotte encore le drapeau marxiste. On se croit à une autre époque. Les Laotiens n’ont rien d’acharnés du marteau pourtant. Ils travaillent très tranquillement, tout doucement, se reposent souvent dans leurs hamacs.

Nous nous préparons à passer la frontière du Cambodge d’ici un jour ou deux, si possible sans nous faire raquetter, c’est la coutume apparemment. Les douaniers ont même mis en place une fausse visite médicale, payante bien sûr. Je mets donc actuellement un stratagème au point avec l’aide de l’Indien qu’on adore et je cherche aussi le numéro de l’Ambassadeur de France au Cambodge pour les embrouiller un maximum (si vous l’avez, merci). J’aime pas les voleurs.

À suivre 👉💗

Phrases du jour 💥: « Écrire, pourquoi ? Écrire pour qui ? Est-ce vraiment si important ? Écrire l’activité des insectes que nous sommes ! » Normand Rousseau

💥« Chacun de nous porte en lui ses propres îles, refuges contre la bêtise, la laideur et la sourde contrainte d’un ordinaire non-désiré. » Jacques Chancel

Mams et Merlin on the water #9

Thaïlande-Laos 📰✒📷 12/16 février 2018

Passer une frontière est parfois simple, souvent complexe. Pour passer au Laos, le bus s’arrête quelques kilomètres avant, ensuite il faut prendre un tuk-tuk, trouver des dollars car les Laotiens n’acceptent que cette maudite monnaie pour payer le visa, reprendre un bus. Montrer les passeports, se faire vérifier le visage avec une caméra, remplir plein de papiers remplis de requêtes pointilleuses (numéro du bus qui nous a amenés, adresse de l’hôtel où nous irons, son téléphone, etc.). J’invente la moitié des infos car nous les ignorons, puis je les refile à nos nouveaux potes de route, un Colombien avec sa chérie Barcelonnaise et un couple de viticulteurs français du Gard, débordants de gentillesse, avec lesquels nous sommes encore aujourd’hui, le lendemain du passage de frontière. En plus, ils connaissent le Vietnam où nous irons après le Cambodge donc ils nous filent des tas de tuyaux.

Je passe à la banque du village.

« How much do you want ?

– One million please. »

Oui, vous avez bien lu, pour la première fois de ma vie je demande à retirer 1 million. Je me crois dans un film ou à la tête d’une mafia opulente de l’opium. Mais un million de kips cela ne vaut que 100 euros…On se retrouve avec une liasse improbable dans l’un des 10 pays les plus pauvres du monde. Merlin reçoit les sourires des laotiennes de son âge. Une petite obèse qui n’en finissait plus de sucer des saucisses en sucre le yeutait sans fin en lui envoyant des sourires timides. Merlin lui en renvoyait autant mais il était tellement mal à l’aise que je n’ai pas pu m’empêcher de rire dans mon sac sous la table du petit resto.

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Mams et Merlin on the road #8

Semaine du 3 au 11 février

Avant de partir de Chiang Mai en direction du triangle d’or, on se retrouve à attendre assez longtemps un bus. Heureusement, on tombe sur un café juste à côté d’un étrange temple hindou sous bâche dédié à Ganesh. Un moine bouddhiste hyper jovial reçoit des gens pour leur donner des conseils : « We never die » crie-t-il en riant. J’ai à peine le temps de me dire que je suis d’accord avec lui qu’arrive une jeune femme aux allures de princesse. Nous apprenons qu’il s’agit d’une chanteuse superstar écoutée par des millions de gens. Elle s’assoit à côté de nous, elle est très jeune, ni belle, ni laide, j’observe ses grandes lunettes rondes et la dentelle de son chemisier. Elle offre une liasse de billets à un moine, avec séance photo dans la foulée. Enfin, le bus se pointe. Pas de chance, il est pourri et l’air froid sort de l’ouverture cassée au dessus de nous. Pas de problème, le system D s’active et on fourre un gâteau pile de la bonne taille dans le conduit. Ensuite, ce furent 5 heures de fous rires pour diverses raisons et notamment nos reflets dans la vitre d’en face qui nous renvoyaient des images horribles.

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#System D

On arrive après la tombée de la nuit tout près de la frontière birmane, à Mae Sai. La ville est désertique mais on tombe sur un gars qui joue de la guitare devant son magasin, il nous appelle son fils qui nous trouve une chambre à louer pour la nuit. On est dans une pièce minuscule, les draps sont sales. On allume la télé pour voir leurs conneries et on tombe sur L’honneur des guerriers avec Morgan Freeman en thaïlandais, juste au moment où il doit se faire couper la tête…C’est drôle pour le langage et affreux en même temps. Le lendemain, on reprend la route, on s arrête dans un café, personne au comptoir. On attend, on attend encore mais on a si faim qu’on entame des cookies à vendre, on se dit qu’on le signalera au retour du gérant. Toujours personne au bout d’un bon quart d’heure. Je laisse un billet et on se remet à marcher avec nos sacs. Personne sur les trottoirs. Des grands magasins vides. Des façades délavées, laides. Ça ressemble à une post fin du monde. Une quatrième dimension. Tout semble décrépi, mort. Et juste cette longue route type Route Nationale. Je réalise que nous ne sommes pas à Mae Saï mais dans sa banlieue. On choppe un taxi collectif. Heureusement car il nous restait encore 4 km avant Mae Saï. Lire la suite