Fariste – Récit d’aventures réelles, de Moscou à Pékin

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Mon transsibérien avec sa belle étoile rouge

Ceci est le récit de mon voyage en Transsibérien, de Moscou à Irkoutsk en Sibérie. Ensuite, je traverse le désert de Gobi pour finalement arriver à Pékin. Vous y découvrirez la vie en communauté, sur les rails, avec des étrangers mais aussi une belle histoire avec Vladimir qui me rejoindra plus tard à Paris, en stop de Moscou, puis en Bretagne. Oui, il était très amoureux ! Ce voyage m’a permis d’aller dans des lointains passionnants autant humains et culturels que géographiques. Je vous souhaite une agréable lecture.

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Deux transsibériens

Au glorieux souvenir de la guerre froide

Je sors ma kalachnikov et tire sans crainte

Sur le ridicule et rampant capitaliste

Qui s’imagine jusqu’à ce que ça suinte

Devenir un modèle d’opulent nihiliste

Il se pavane dans ses exécrables buildings

Rutilants de verre et de fer vides sans âmes

Sans remords je lance un tonitruant fucking

À ceux qui rêvent euros dollars et dirhams.

C’est dans l’underground moscovite que je réalisai soudain que j’étais enfin en Russie. Le métro n’a pas les odeurs crasseuses de Paris, au contraire, il est particulièrement luxueux. Du reste, c’est le meilleur moyen de se déplacer à Moscou car la circulation terrestre est victime d’un trafic innommable. Il fait une chaleur suffocante. C’est l’été. Heureusement, je pourrai faire un break au mausolée de Lénine, il est climatisé, c’est mieux pour conserver un mort…

Comme pour l’Inde je crois que j’avais préparé ce voyage depuis mon enfance. Mon grand-père m’a très tôt fait le récit de sa captivité dans le pays allié des français certes, mais mon grand-père était « un malgré-nous », un de ces jeunes alsaciens pas même majeurs que l’armée allemande enrôla de force en 1940 pour aller combattre sur le front russe. Il se rendit aux Russes par refus d’un combat absurde. Il fut transporté dans le camp de Tambow à environ 450 km au sud-ouest de Moscou. Je n’ai pas jugé nécessaire de rechercher l’emplacement de ce camp. C’est plutôt les Russes et la Russie qui m’intéressaient parce qu’ils ont toujours été vivants et concrets dans mon esprit. Cette femme qui donna de la nourriture à mon grand-père, ce soldat Russe qui l’épargna, tous ces bouleaux à perte de vue, la neige qui crisse sous les pas ou le soleil qui assomme, ce sont ces bribes qui m’intimèrent presque de m’y rendre.

J’ai vaguement le sentiment que les gardiens du tombeau ouvert de Lénine sont des rescapés de l’Armée Rouge. Une chose est sûre, ils n’ont pas le sens de l’humour. Leurs visages cireux-sérieux impressionnaient à cause de l’éclairage qui les surplombaient et du couvre-chef qui projetait une ombre jusque sur leurs yeux militaires. J’hésitai, l’espace d’un quart de seconde sur la réalité de leur existence rouge et kaki. Pour Lénine, ce fut la même impression cireuse d’irréalité Thussaudienne même s’il ressemblait bien aux portraits vus dans mes livres de classe. Mais s’agissait-il réellement de son cadavre ? Une Russe me confirmera plus tard que c’est bien la dépouille de Lénine qui repose dans ce sarcophage de granit et de verre. Avant, le tombeau avait une forme pyramidale qui reflétait trois fois le visage de Lénine. Cette option stylistico-morbide a été abandonnée il y a quelques années. Bref, Lénine gît devant le Kremlin alors qu’il rêvait de reposer avec sa mère à Saint-Petersbourg. Pire, on l’avait même allongé à côté de Staline.

Un désir inouï endiablait mon visage. Je courus m’acheter quelques cannettes. Il paraît que la schizophrénie touche environ 300 000 personnes en France. Peut-être que j’en fais partie pour convoiter l’alcool avec autant de frénésie alors que je n’en ai jamais été dépendante.

J’allai au Kremlin. D’emblée je me fis siffler par un garde parce que je ne marchais pas sur le trottoir.

DISCIPLIN LEADS US !

Imaginez le bronx jovial de la place Jemaa El Fna à Marrackech. Figurez-vous exactement l’inverse et vous obtenez le Kremlin. Le cœur historico-politique de Moscou.

Les jeunes femmes russes sont très belles alors que les vieilles babouchkas traînent leur grand corps usé en m’intimidant. Elles sont vraiment balèzes. Je me suis dit que la patate était à l’origine de leur obésité. Les jeunes femmes ont un sex-appeal qui dépasse toute notre pudibonderie européenne : talons hauts, mini-jupes et rouge à lèvres cruel. Lire la suite

Motherindia – Récit d’aventures réelles – 3 mois en Inde – Anna Scheele

L’impossible est possible. El Che.

Il est possible de ne pas en croire ses yeux au moment où enfin on parvient à installer un programme pirate avec la clé de vingt cinq caractères apposés sur l’enveloppe d’un autre programme…Et tout ça grâce à un Russe. Je vais enfin pouvoir écrire sur ce foutu ordinateur. Quand j’étais petite, je croyais que j’allais devoir écrire sur une machine à écrire, et ça m’angoissait pas mal parce que les touches sont dures et vous font souffrir horriblement du bout des doigts.
Il est possible de repartir de Bombay et de pleurer …L’Inde a débloqué mon sens du pathétique insoutenable et de l’infiniment beau.
Mais ça n’était pas seulement valable pour Bombay, plein de fois j’ai pleuré sur des lieux que je ne voulais pas quitter, d’Amsterdam au Cap Sizun.
A chaque fois je me suis retrouvée dans cette foutue région parisienne. A chaque fois j’ai rêvé d’Inde et d’Argentine, de Transsibérien et de Ghettos africains. Ce qui va suivre sont les pensées et les visions qui m’accompagnèrent tout au long de mon voyage en Inde où j’ai ballotté mon baluchon, cahin caha de Goa au Cap Comorin.
J’arrivai en Inde alors même que j’avais inconsciemment mûri ce voyage depuis mon enfance. Petite, je m’extasiais devant les contes, les couleurs de l’Inde, les millions de Dieux, les moines Sâdhus et la mousson.
Je sortis de l’aéroport de Bombay et m’assis sur le rebord du trottoir d’en face, au milieu des fleurs, quand soudain je vis un chien allongé derrière moi.
Je ne compris pas tout de suite qu’il était mort.

Anjuna – Goa – Poonam guest house – chambre 301 – 15  février 2001-

J’écris au son d’une acid trance enregistrée pendant une full moon party. Me voilà dans le plus petit état de l’Inde. Goa la mythique et pourtant bien réelle, enfin sous mes yeux. Il y a trois ans, je rêvais déjà, complètement ébahie devant ses plages et ses habitants qui permettaient les célébrations les plus folles sur leur territoire. Car ici les Indiens se sont très bien adaptés à ces parties de plaisir sur la plage… Lire la suite