Le Livre tibétain des morts OU Le Bardo Thödol : le grand livre de la libération naturelle par la compréhension dans le monde intermédiaire

Découvert par Karma LINGPA, traduit et commenté par Robert Thurman – Collection « De l’Esprit », édition Christian de Bartillat, 1995

Ce livre totalement édifiant peut être comparé à un guide de voyage pour l’après vie terrestre et en effet, personne n’irait à l’autre bout du monde sans se documenter un minimum n’est-ce pas ? Ce livre constitue justement un guide afin de suivre le bon chemin une fois notre dernier souffle expiré. Beaucoup s’imaginent que le néant les attend mais ils seront surpris de s’apercevoir que non.

Les conseils qui sont délivrés dans cet ouvrage exceptionnel sont issus des écrits et de la science tantriques. Ils permettent d’éviter de renaître dans une vie de souffrances, de confusions et dominée par la non maîtrise des émotions. C’est l’enseignement qui permet à ceux qui ne méditent pas de découvrir la voie secrète. Ce livre constitue donc un trésor inestimable.

Sa lecture est difficile et longue, c’est pourquoi j’ai décidé d’offrir les pistes de compréhension principale à mes lecteurs, tout en vous encourageant à tenter de le lire malgré tout.

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Ce livre a été écrit par Padma Sambhava, une émanation du Bouddha de la Vérité-Béatitude-Emanation qui, selon la légende, serait né dans une fleur de Lotus. Padma nous donne un accès pratique à notre liberté et à la liberté du « non-moi ». Ce livre révèle l’art de vivre une mort créatrice et nous invite à réaliser certaines choses bien précises :

    1. Se renseigner sur l’aspect scientifique du processus de la mort pour savoir à quoi s’attendre. Cela peut aussi  nous aider à mieux appréhender la mort d’un proche.
    2. Développer l’imagination afin d’envisager de façon positive nos futurs royaumes possibles : s’alimenter des descriptions visionnaires des paradis les plus délicieux, des beautés célestes les plus merveilleuses (par exemple lire Le Sukhatavi du Bouddha Amithaba, le pur pays de la félicité ou bien lire des auteurs anciens comme Homère et Hésiode, Aristophane, Platon, Cicéron, Virgile, Dante, d’Aubigné et Milton, on peut aussi se tourner vers les poètes et les romanciers de science fiction).
    3. Se préparer moralement : se détacher des choses qui nous obsèdent et des choses matérielles, développer la générosité, la sensibilité et la tolérance vis à vis des autres. Se rappeler que l’on pourrait être mort, relativiser les tracas.
    4. Se préparer par différentes sortes de méditations : buddhist-1807518_1920La méditation apaisante ou la concentration totaleLa méditation par la vision pénétrante qui permet de réaliser que nous n’avons pas d’identité fixe (le « non-moi » étant l’une des portes de la libération). ♥ La méditation thérapeutique : le but étant de former notre esprit à prendre une orientation positive ; par exemple, méditer sur l’amour et donner plus d’intensité à l’amour que l’on porte aux autres ou méditer sur la patience pour se débarrasser de ses attitudes coléreuses et donc augmenter notre tolérance, etc. ♥ La méditation de l’imagination : on visualise des lieux ou des évènements favorables car cela peut-être utile face aux situations inédites qui nous attendent après la mort physique. ♥ Méditation et sommeil : le sommeil peut être une répétition de la dissolution dans la mort, on peut s’imaginer franchir les 8 étapes qui nous conduisent de la claire lumière au sommeil profond et l’état de rêve peut être converti en pratique de l’état post-portem (ce que les Tibétains appellent « l’état intermédiaire »). Si en plus nous parvenons à conscientiser que nous rêvons, nous aurons une bien meilleure chance de reconnaître cette situation dans le monde intermédiaire après la mort. ♥ La méditation quotidienne en récitant un mantra (les tibétains récitent le « Om Mani padme hum » : Tout va bien dans l’univers, l’énergie du bien et de l’amour est partout ») mais on peut inventer toutes sortes de mantras (« j’aime tout », « merci pour tout », etc.), un mantra peut être d’une grande aide au moment de la mort et de la période intermédiaire. Enfin, la méditation quotidienne c’est aussi simplement imaginer se débarrasser de ses obsessions en faisant la vaisselle ou imaginer que quand on passe une porte, c’est celle de l’illumination, etc.
    5. La préparation intellectuelle : l’école ne nous fait qu’apprendre à étudier car l’étude doit durer une vie entière ! Apprendre des choses sur la nature de la vie, la nature de la libération du « moi » et de l’environnement, les enseignements sur la vacuité, le « non-moi » et la relativité, l’esprit d’illumination, de l’Amour et de la compassion. Apprendre comment développer ses qualités morales, intellectuelles (cf. le développement personnel très en vogue actuellement).
    6. La pratique du yoga tantrique inégalé : ce yoga est la discipline de formation qui transcende la mort. Ce yoga permet de condenser des éternités de vies en une seule existence. Ce yoga nous viendrait des grands initiés indiens tels que Padma Sambhava et les pratiquants du tantra ayant atteint la bouddhéité dans leur corps ordinaire mais qui sont restés pour aider les autres à atteindre la libération.

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Padma Sambhava représenté en peinture dans la fleur de lotus qui le vit naître, selon la légende bouddhiste.

Il y a 3 phases dans la pratique de ce yoga qu’il vaut mieux pratiquer avec un guide, un mentor ou maître spirituel. En effet, les rituels de l’initiation sont très complexes et globalement centrés sur le résultat (l’illumination) grâce à l’imagination et à l’envoi de lumières de la part du mentor (lumière diamant vers la tête, lumière rubis vers la gorge et lumière saphir vers le coeur).

a) La phase préliminaire où le maître demande cent mille (oui 100 000 !) exécutions de chacune des quatre pratiques traditionnelles : les prosternations, les répétitions des cent syllabes de la purification, les offrandes rituelles et les contemplations du yoga mentor.

b) La phase de création : il faut s’habituer à invoquer la présence de nos figures divines ou angéliques préférées et les faire fusionner avec nous pour ensuite diffuser à d’autres cette bienveillance. Il faut ensuite prier pour que ces figures divines nous apparaissent au début de notre voyage dans le monde intermédiaire. les Tibétains admirent les oeuvres d’art des « Tankas tibétaines » ( les Thangka ou Tangka sont des créations peintes ou brodées issues d’un art visionnaire) qui montrent les cent divinités bouddhiques du mandala du  monde intermédiaire tel qu’il apparaît dans la Libération Naturelle.

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Exemple d’un Tangka tibétain : Tara verte qui est particulièrement connue pour sa puissance à surmonter les situations les plus difficiles, donnant protection et réconfort contre les dangers. Il s’agit d’une déité du bouddhisme tibétain qui intervient toujours pacifiquement. Elle est le bodhisattva féminin de la compassion.

c) La phase de perfection dure jusqu’à ce que l’on arrive à visualiser « Le palais du mandala entier » dans une goutte d’eau et à stabiliser cet hologramme pendant plusieurs heures.

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Graff by CHAZ, Chicago

Vous constatez que cette méthode n’est pas évidente, notamment pour un Occidental dénué de spiritualité. Cependant nous pouvons quand même comprendre les principes basés sur l’élévation de l’âme, la méditation et le détachement. Le travail sur soi nous permettant un cheminement serein vers les sphères lumineuses de nos destinées post-mortem. Pour conclure, je citerai l’un de mes écrivains préférés (ils sont tous morts) : Johann Wolfgang Von Goethe :

« Tant qu’on ne saura pas comment mourir et renaître, l’on demeurera un voyageur malheureux sur cette sombre terre. »

Bibliographie :

Le livre des morts tibétain OU Le grand livre de la libération naturelle par la compréhension dans le monde intermédiaire de Padma Sambhava, découvert par Karma Lingpa, traduit en anglais et commenté par Robert A. F. Thurman, Préface de sa Sainteté le Dalaï Lama, traduit de l’anglais par Gilles Poulain et Rozane Huart, Collection « de l’Esprit », éditions Christian de Bartillat, 1995.

Amicalement, Anna Scheele ©Technosphere 2019

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