Un Alsacien prisonnier de guerre en Russie de Marcel Frédéric Weber – Récit –

Ce récit raconte la détention de mon grand-père alsacien, enrôlé de force dans l’armée allemande pendant la seconde guerre mondiale alors qu’il n’était qu’un tout jeune homme. Envoyé sur le front russe, il est fait prisonnier puis emmené dans un camp de travail, à Tambow, au sud-est de Moscou. Ce qu’il raconte est difficile bien sûr car il relate les privations, la cruauté, la bêtise sans fond de l’espèce humaine mais c’est aussi un récit de dignité et de courage qui peut parler à chacun aujourd’hui. C’est un pan de l’histoire, celui des « Malgré-Nous », ces Alsaciens, Lorrains et Luxembourgeois qui furent obligés de se battre dans le camp ennemi.

J’ai toujours admiré mon grand-père pour son sens de l’humour et la façon qu’il avait de se moquer gentiment des idiots. Avec lui, je me sentais toujours en sécurité, ma petite main dans la sienne, grande et chaude. Souvent il me donnait des leçons de vie. Par exemple, une fois, à Mulhouse, devant la prison, il m’a dit : « Tu vois ce mur ? Dis toi bien qu’il y a toujours un moyen de le passer… » Il m’a offert la liberté et la liberté d’esprit…Merci Marcel Frédéric Weber. Ah ! Comme j’aime son rire, son indépendance d’esprit, son courage, sa dignité, sa force, sa créativité, sa peinture merveilleuse ! Il est mort mais c’est comme s’il soufflait encore des choses à mon oreille. Par ce récit, qu’il avait lui-même écrit ( je n’ai fait que mettre en forme) il est aussi encore vivant. Que son expérience puisse donner espoir en l’humain, à l’image de ces femmes russes qui glissaient des carottes à travers les barbelés à un jeune forçat affamé…


PAPI
Mon grand-père alsacien Marcel Frédéric Weber

Je me rendis aux Russes après avoir appris que Paris était libéré grâce à un tankiste alsacien qui accédait à des informations par radio. Je me disais alors que la guerre allait bientôt se terminer. La sixième armée dont je faisais partie de façon involontaire était engagée dans de violents combats en Bessarabie (région aujourd’hui partagée entre la Moldavie et l’Ukraine). Je décidai de me protéger dans un trou et de laisser passer le déluge d’artillerie. Puis, la situation s’étant calmée, je me risquai à sortir la tête pour voir comment se présentait la situation. A cinquante mètres de moi, je vis un Russe qui lui aussi observait le champ de bataille. Il me fit signe de venir. C’était un Blanc. Habituellement, en face de nous, il y avait des Asiates. Je répondis à son signe et courus les mains en l’air jusqu’à lui. Je compris alors qu’ils étaient trois. Ils me fouillèrent sommairement puis m’envoyèrent à l’arrière où d’autres me prirent en charge. Ils braquaient constamment sur moi le canon d’un M. P.

Entre-temps, d’autres soldats ayant remarqué qu’on ne m’avait pas tué, vinrent nous rejoindre ; nous formâmes un groupe d’une trentaine d’individus. On nous rassembla tous dans la cour d’une ferme, toujours avec les mains sur la tête. C’est à ce moment là que je réalisai que nous étions considérés comme des êtres extrêmement dangereux. Ils nous fouillèrent encore et nous enlevèrent notre « Soldbuch » (livret militaire). Nous n’étions désormais sans plus aucun papier.

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Ce livre est disponible en e-book ici 

Première de couverture
Un Alsacien prisonnier de guerre en Russie

©Anna Scheele


Sur le camp de Tambov, où était mon grand-père, voici un livre très complet : La tragédie des Malgré-nous de Pierre Rigoulot.

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Un livre bien documenté sur les « Malgrés-Nous » auquel mon grand-père a participé.

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4 réflexions au sujet de « Un Alsacien prisonnier de guerre en Russie de Marcel Frédéric Weber – Récit – »

  1. Mon grand père , maternel à aussi étez fait prisonnier , ma maman en à parlée durant quelque années , celui ci à étez dans un stalag , pas gai non plus . Bien sur que les russes ce sont vengé des porteurs d ‘ uniformes allemand , vu ce qu ‘ ils ont pris dans la tronchent , j ‘ aurais tendance que c ‘est humain , pas excusable , humain .

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  2. Merci pour cet émouvant récit qui me rappelle par certains episodes ce que mon Père a vécu comme prisonnier en Allemagne à Nurnberg durant cinq années.
    Pour nous qui avons bien connu Marcel, c’est difficile à lire mais par les temps que nous vivons, c’est une extraordinaire leçon de vie.
    Merci encore.

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis sa petite fille, je suis heureuse que ce partage vous ait touché Daniel, moi aussi il m’émeut à chaque relecture, d’ailleurs, je projette de retourner en Russie pour voir ce camp. Et oui vous avez raison, ce récit peut inspirer, les jeunes notamment 🙂 Bien cordialement, Anna

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