Mams et Merlin on the road #8

Semaine du 3 au 11 février

Avant de partir de Chiang Mai en direction du triangle d’or, on se retrouve à attendre assez longtemps un bus. Heureusement, on tombe sur un café juste à côté d’un étrange temple hindou sous bâche dédié à Ganesh. Un moine bouddhiste hyper jovial reçoit des gens pour leur donner des conseils : « We never die » crie-t-il en riant. J’ai à peine le temps de me dire que je suis d’accord avec lui qu’arrive une jeune femme aux allures de princesse. Nous apprenons qu’il s’agit d’une chanteuse superstar écoutée par des millions de gens. Elle s’assoit à côté de nous, elle est très jeune, ni belle, ni laide, j’observe ses grandes lunettes rondes et la dentelle de son chemisier. Elle offre une liasse de billets à un moine, avec séance photo dans la foulée. Enfin, le bus se pointe. Pas de chance, il est pourri et l’air froid sort de l’ouverture cassée au dessus de nous. Pas de problème, le system D s’active et on fourre un gâteau pile de la bonne taille dans le conduit. Ensuite, ce furent 5 heures de fous rires pour diverses raisons et notamment nos reflets dans la vitre d’en face qui nous renvoyaient des images horribles.

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#System D

On arrive après la tombée de la nuit tout près de la frontière birmane, à Mae Sai. La ville est désertique mais on tombe sur un gars qui joue de la guitare devant son magasin, il nous appelle son fils qui nous trouve une chambre à louer pour la nuit. On est dans une pièce minuscule, les draps sont sales. On allume la télé pour voir leurs conneries et on tombe sur L’honneur des guerriers avec Morgan Freeman en thaïlandais, juste au moment où il doit se faire couper la tête…C’est drôle pour le langage et affreux en même temps. Le lendemain, on reprend la route, on s arrête dans un café, personne au comptoir. On attend, on attend encore mais on a si faim qu’on entame des cookies à vendre, on se dit qu’on le signalera au retour du gérant. Toujours personne au bout d’un bon quart d’heure. Je laisse un billet et on se remet à marcher avec nos sacs. Personne sur les trottoirs. Des grands magasins vides. Des façades délavées, laides. Ça ressemble à une post fin du monde. Une quatrième dimension. Tout semble décrépi, mort. Et juste cette longue route type Route Nationale. Je réalise que nous ne sommes pas à Mae Saï mais dans sa banlieue. On choppe un taxi collectif. Heureusement car il nous restait encore 4 km avant Mae Saï. Lire la suite