Mams et Merlin on the road #12

Nous arrivons en mode sécure à Phnom Penh, moi dans la peau de Lara et Merlin dans celle de Rambo. Je rappelle que beaucoup de Cambodgiens nous ont avertis des dangers et de la violence de la capitale.

Le bus local met des heures à relier les temples d’Angkor à Phnom Penh et à vrai dire, nous sommes sortis de là complètement vannés et imbibés de musique cambodgienne qu’ils écoutent à fond. Un cuistot indien nous avait préparé deux massalas à emporter car on n’en peut plus de leurs noodles soups. Merlin résiste à sa forte envie de geeker pour observer la route, les gens, les paysages. Nous continuons à suivre le Mékong. Les petites cabanes en bois sont parfois très hautes sur des supports en bois ou en béton, il n’y a presque jamais rien à l’intérieur. Les gens vivent dehors, nous les voyons dans leurs hamacs, attendre un acheteur de fruits ou de babioles d’épicerie. Partout, des animaux en liberté. Parfois, le chauffeur pile devant un bovin et on se regarde avec un air soulagé. Hélas, un accident grave de la circulation s’est encore produit avec une voiture sur le toit et un scooter en mille morceaux. Les gens regardent. Il n’y a pas de secours.

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En route vers l’éducation bienveillante

Parents, futurs parents, profs, instits, moniteurs de colos, nounous : on se calme, on se calme, et on pense au cerveau de l’enfant.

Les dernières découvertes scientifiques le prouvent : vouloir « mater » un enfant peut influencer le développement de son cerveau. On s’en doutait mais c’est prouvé.

En effet, le cerveau immature d’un enfant, sous 5 ans, ne contrôle pas encore les émotions, il est donc inutile d’espérer en faire un être « raisonnable ». Il ne fait pas de « caprices », il est juste incapable de gérer ses tempêtes émotionnelles.

Donc, si on laisse un enfant seul avec sa colère, et pire, si on lui hurle dessus, on le frappe, on l’humilie (la totale), le stress engendré (l’hormone cortisol) agit sur l’hormone de croissance des neurones et donc sur le développement du cerveau ! (Voir pour plus de détails l’interview de Catherine Guéguen, pédiatre, dans « Science et Avenir »).

Rebecca Waller, psychologue de l’université d’Oxford, a publié la synthèse de 30 études sur des éducations sévères et punitives (Références des articles de Rebecca Waller). Elle montre qu’en violentant un enfant ou un adolescent, verbalement ou physiquement, l’adulte aboutit au résultat inverse que celui escompté. L’enfant devient « insensible, dur, sans empathie » explique la pédiatre Catherine Guéguen, grande dame de l’éducation bienveillante (in L’école des parents, Revue publiée par la FNEPE, article de Catherine Guéguen, Neurosciences, le cerveau de l’enfant, janvier 2017, n°622).

Bienveillance : capacité à se montrer indulgent et attentionné envers autrui d’une manière désintéressée et compréhensive.

Inversement, quand l’adulte porte un regard compréhensif sur l’enfant et lui parle gentiment, il permet la maturation de son cerveau. L’enfant devient lui même empathique et social. Plus l’enfant reçoit de bienveillance, plus il sécrète de l’ocytocine (hormone du lien social, de l’amour, du plaisir), plus il devient comme nous le souhaitons, calme, lui même bienveillant, etc.

cerveau

En somme, nous les adultes, devons être des exemples. Si nous crions, l’enfant criera. Si nous sommes doux, confiants, patients, l’enfant le sera aussi…Bien sûr il faut rappeler le cadre éducatif et expliquer pourquoi on dit « non », il ne s’agit pas du tout d’être laxiste.

Une relation aimante, basée sur la bienveillance et la confiance, offre au cerveau de l’enfant la possibilité de se développer de la meilleure des façons. Il sait « exprimer ses émotions, aimer, coopérer, il réfléchit, aime apprendre, découvrir et il a du plaisir à vivre » (Dr Catherine Guéguen, op. cit.).

Cela peut sembler à évident à beaucoup et ça l’est, en effet. Pourtant, énormément d’enfants subissent encore des violences de tous ordres aujourd’hui dans le monde : 4 enfants sur 5 selon l’UNICEF…

Une initiative locale intéressante

Estelle m’a clairement inspiré cet article. Mère de quatre enfants, dotée d’une expérience de famille d’accueil et d’animatrice socio-culturelle, elle a créé son emploi en partageant son expérience éducative autour de ce concept d’éducation bienveillante. Elle met en oeuvre au sens pratique cette éducation basée sur « la confiance, la communication et le respect mutuel » (Estelle, dans « Vivacité« , son site Internet). Elle anime des ateliers pour les professionnels de l’éducation (écoles, relais assistantes maternelles, etc.) mais aussi pour les familles.

Elle montre aux parents, dans son local à Pluduno, en Bretagne, comment pratiquer la communication non violente ou comment gérer le temps libre des enfants, et d’autres sujets tous plus inspirants les uns que les autres, surtout quand elle y ajoute par exemple les notions d’éco-citoyenneté ou la pratique du yoga.

Voici son site internet, qui est la vitrine de ses activités : Vivacité.

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Certes éduquer un enfant est parfois difficile et nul n’est parfait. Cependant, il nous revient de faire de notre mieux car l’éducation est « l’arme la plus puissante que l’on ait à disposition pour changer le monde » (Nelson Mandela).

Anna Scheele

Pour aller plus loin, je vous conseille le best seller de Catherine Guéguen Pour une enfance heureuse (repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau), Pocket, 2015.

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