Mams et Merlin on the road #1

« – Madame !

– Moi ?

– Oui, vous ! Avancez là, à droite ! Contrôle aléatoire » !

À peine arrivés à l’aéroport de Paris Charles de Gaulle, les aventures démarrent. Je me retrouve jambes et bras écartés, sur une sorte de podium qui me met encore plus la honte car je suis bien visible de tous les gens qui font la queue derrière. Merlin me regarde d’un air amusé, rien ne semble jamais l’inquiéter.

 » – Pourquoi moi ? » lui lançai-je d’un air stupide et désespéré.

Je réalisai en même temps que le portillon de contrôle avait sonné lors de mon passage juste après Merlin. La contrôleuse ressemblait au Cerbère et je me pliai au contrôle.

« – Écartez mieux les bras et les jambes s’il vous plaît ».

Je me demande si quelqu’un ne m’a pas glissé quelque chose d’interdit, un couteau, une lame de rasoir, un truc radioactif ? Elle me passe au détecteur. Je comprends que mon corps est scanné et que j’ai trois endroits précis qui sont repérés : deux dans le cou et l’autre dans la cheville…Elle me palpe, me re-scanne, m’observe encore puis me laisse enfin passer.

Mais je suis perturbée : que sont ces trois choses dans mon corps qui font sonner les détecteurs ? Je ne le sais toujours pas mais peut-être que la CIA m’a introduit des objets futuristes afin de m’espionner lors de ce road trip en Asie du sud-est ? (Non, non je ne suis pas parano).

Merlin lui, se marrait bien de tout ce manège et ne pensait qu’à monter enfin dans l’avion qui nous emmènerait en Inde dans un premier temps, à New-Delhi, puis à Bangkok en Thaïlande, point de départ de notre voyage jusqu’au Vietnam.

Cela fait des mois que mon fils de 12 ans et moi préparons ce voyage. Quand je dis préparer c’est aussi de façon psychologique car se rendre à l’autre bout du monde en plein mois de janvier, c’est passer du froid hivernal au chaud tropical avec un bon décalage horaire, la menace des moustiques qui peuvent apporter de sales maladies, une nourriture à l’opposé des crêpes au beurre breton, la découverte de modes de vies complètement différents, des pratiques religieuses très répandues, etc. Pour le reste il a surtout fallu gérer des formalités administratives et le point le plus lourd : sortir Merlin de l’école.

Lourd car l’éducation nationale fait tout pour retarder le processus. Elle a par exemple mis 2 mois à transmettre son dossier scolaire au Cned (école à distance). Heureusement, Merlin bosse vite : il a pu tout rattraper…Je compte d’ailleurs écrire un article sur ce sujet que j’estime scandaleux car en effet les parents ont l’obligation d’instruire leurs enfants, pas de les scolariser : « L’instruction est obligatoire pour tous les enfants, français et étrangers, à partir de 6 ans et jusqu’à l’âge de 16 ans révolus. Les parents peuvent choisir de scolariser leur enfant dans un établissement scolaire, public ou privé, ou bien d’assurer eux-même cette instruction. » Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre), déclaration prélevée sur le site : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1898. Voir aussi, si le sujet vous intéresse dans le détail, tous les Articles de lois sur l’instruction et la scolarité. Quand je vois ce que l’école publique propose aux jeunes de notre pays, je suis heureuse, et Merlin le premier, de l’avoir sorti de ce système honteux pour au moins un an. Je précise que j’ai exercé 15 ans en tant que professeur de lettres en collège et lycée et que je connais bien le sujet. Bref, Merlin apprend mille fois plus de choses depuis qu’il est libéré de ce système scolaire rempli d’insuffisances et de profs en majorité dépressifs ou mauvais avec les jeunes. Oui, ils prennent cher mais sur 17 établissements, j’ai rencontré très peu de profs vraiment chouettes que ce soit en tant qu’élève (à part à la fac) ou en tant que prof. J’ai même croisé des enseignants racistes, oui vous lisez bien : des fachos. Des violents, des déprimants, des décourageants, de vilains petits fayots, toute une panoplie de personnes étroites d’esprit et souvent frustrées voire carrément stupides et en dehors de la réalité.

Parfois, l’un d’eux sort du lot et on a presque envie de lui offrir des cadeaux, de lui écrire des lettres de remerciements, de le couvrir de fleurs ! De lui dire : « Merci d’exister, merci d’instruire avec bienveillance nos enfants ! » Ah ! Mais je m’emporte là ! Remarquez, ce n’est pas encore interdit ou payant de rêver.

Bref, Merlin suit les cours à distance via internet et c’est bien pratique. En 3h par jour, il a fini ses obligations scolaires…Et place aux passions comme le dessin, les balades, les découvertes, les rencontres, etc.

L’ordinateur portable que nous avons embarqué pèse la moitié de tous nos bagages, c’est à dire que nous voyageons très léger mais avec possibilité d’extension si nous avons des souvenirs à ramener.

En masse, ce sont les médicaments qui prennent la moitié de mon sac à dos (antibiotiques et antipaludéens pour le Laos et le Cambodge, anti-ci, anti-ça…). Mais je mise sur la prévention avec une bonne hygiène et des protections anti-moustiques. Je prie les dieux locaux pour notre protection aussi mais sinon concrètement, on se désinfecte bien les mains avant et après le repas et autres gestes de bon sens afin de rester en bonne santé.

***

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Lever de soleil sur l’Afghanistan

Quand j’ai vu le sol indien j’ai été bouleversée d’un coup car tout mon amour pour ce pays m’est revenu d’un bloc (Voir mon récit « Motherindia »). J’avais bien pensé y amener Merlin mais il me semble trop jeune pour ce sous-continent qui contient autant d’horreurs puantes que de beautés à couper le souffle. Et puis passer la frontière vers le Bangladesh puis la Birmanie par le Sikkim (ancien Royaume de l’Himalaya) est trop dangereux, surtout à cause de l’altitude. En plus, entre temps, les Birmans ont vécu un drame ignoble avec l’extermination du peuple Rohingya…Bref, j’ai opté pour un atterrissage à Bangkok. Préparer un voyage de longue durée fait passer par différentes étapes…Je savais que nous étions attirés par l’Asie et que nous avions entre 3 et 6 mois. J’avais même imaginé rallier le Japon par le Kazakhstan, la Russie (que j’ai déjà traversée en Transsibérien, Voir mon récit « Fariste ») puis traverser la mer du Japon en conteneur mais avec ma voiture américaine (Chrysler voyager), la Russie, c’est du délire (pourtant aménagée pour y dormir). Finalement, c’est de la Thaïlande au Vietnam que nous cheminerons en quête de dépaysement, de joies, de rencontres.

Lundi 15 janvier – Bangkok

À peine arrivés dans la cité des Anges, nous avons été assommés par la chaleur tropicale malgré la nuit tombante. Le train qui nous ramène au centre est bondé de touristes. Nous en sommes, je le sais bien, mais je n’aime pas du tout les vacanciers en short à fleurs avec leur suffisance et leur fric. J’ai toujours aimé voyager modestement, discrètement, dans le plus grand respect des populations locales, ce que Merlin a compris depuis le temps que je l’emmène voyager en France et en Europe. Nous prenons ensuite un taxi (cela ne vaut rien) afin de rejoindre une maison d’hôtes. Quelle bonne surprise de la découvrir près de la demeure du Roi, Rama VI mais en même temps dans un quartier populaire avec les trottoirs bondés de street food et de petits commerces !

Mardi 16 janvier – Bangkok

Le décalage horaire nous fait nous réveiller à 13h…Ici, il faut ajouter 6h par rapport à l’heure de Paris. La guest-house est très belle, en bois, entourée d’une végétation luxuriante. Encore endormis, on entendait des oiseaux inconnus. Quand je me suis enfin tirée du lit, pourtant dur comme du bois, ce fut le ravissement complet. Je savais que le règne végétal ne nous quitterait pas mais j’étais à 1000 lieues de m’imaginer qu’autant de verdure nous entourait : une vraie splendeur.

Au coeur de Bangkok, une ville de 8 millions d’habitants, nous sommes au calme, au fond d’une ruelle entourée de jardins d’Eden. Quand on descend de notre chambre, il y a une cour remplie de pots contenant des plantes que nous n’avons jamais vues excepté les papyrus.

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Nous apprenons que chaque maison ou magasin installe un petit temple dédié à ses morts. Les thaïlandais leur offrent des fleurs mais aussi des boissons avec paille, ce qui me fait penser qu’il n’y a plus de frontières entre le monde des morts et des vivants.

Après avoir englouti nos dernières provisions occidentales et pris une bonne douche fraîche, nous sortons explorer les alentours. La fatigue ne nous fera pas aller loin mais quel ravissement car les trottoirs sont remplis de vie, il y a surtout des stands de nourriture, des plats de toutes sortes mais bien sûr tous inconnus. Des femmes beaucoup, mais aussi quelques hommes, cuisinent à même le trottoir : ça fume, ça frit, ça fouette…Des chats, partout se prélassent au milieu des montagnes de fruits ou lèchent des arrêtes sous les stands. Je n’ose pas encore m’aventurer à acheter ces cuisines de rue, je préfère habituer peu à peu notre organisme avec des plats simples à base de riz non épicé… On décide de rentrer se reposer à notre chouette Guest-house, surtout qu’il y a un espace commun bien sympathique.

Jour #3 – Bangkok

C’est décidé, après nous être gavés de fruits, nous descendons vers le quartier indien.

Partout, partout, partout, le nouveau roi est présent. Son père, Rama V, a régné 70 ans…Ce qui est le plus long règne au monde. On n’en finissait plus de descendre. Cette ville est immense, gigantesque, tentaculaire. Sur la route, tout un flot d’humains débordés : les écoliers en uniforme, les policiers partout, le flot de voitures japonaises, les mémés vacillantes, les touk-touks, les scooters, beaucoup de bruit et de pollution. Certains portent un masque de protection et je comprends bien pourquoi…Enfin nous arrivons au quartier chinois…

Et puis comme par miracle on se retrouve devant un resto sympathique où des masseurs siègent juste à côté…Du coup, nous testons avec une joie non dissimulée le massage de pieds pendant 30 minutes.

Pour 100 baths, c’est à dire environ 2,50 euros on s’est sentis revivre. Le massage est culturel en Thaïlande, les gens se font masser à toute heure et cela s’apprend telle une médecine, notamment au temple de Wat Pho. Ce serait formidable si les massages étaient aussi répandus en Occident…Les gens seraient moins stressés, ils apprendraient enfin à prendre soin de leur corps et de leur esprit en même temps…

Soudain, alors que Merlin était irrésistiblement attiré par un magasin de jeux-vidéos, nous sommes tombés sur plein de graffs…Ceux qui me connaissent savent que j’adore l’art de rue donc ce fut une belle découverte inattendue et pour une fois, je remercie le geek qu’il a tendance à être.

Les petits endroits étranges et spirituels pullulent à l’image de cet arbre coupé entouré de bandes de tissu coloré et de petits Bouddhas sur ses racines.

Bon, en gros, en voulant descendre au quartier indien on s’est retrouvés dans « China town » à admirer des graphs…

Dans la cour de notre chambre, le linge sèche en 5 mn sous la chaleur écrasante et je suis heureuse de voir que les Thaïlandais trient les déchets.

Derrière chez nous
Séchage express

Biz up tout le monde, les jeunes, la famille, les amis, les inconnus, les rageux, on vous aime fort !

À suivre 🔥💟

Anna

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