Turbin

Tu reviens du turbin esquinté,

Claqué, vidé limite désossé,

Faut ouvrir la boîte aux lettres

Mais tu sens qu’on va encore te la mettre

Alors tu laisses tomber tu remets au lendemain

Putain j’vais clamser si j’pars pas loin

Moi j’aimerais que la tendresse nous gouverne

Alors qu’en fait, y a que la thune et la haine

T’essayes de gagner du fric

Tu te retrouves à baisser ton froc

La misère en travaillant, elle est taboue

Personne n’ose dire qu’il n’a plus de sous

On souffre en silence face à nos dettes ces menottes

On nous a enchaînés à elles nous sommes à ses bottes

Tu deviens prisonnier d’une firme qui frime

Comment ça se fait qu’en France, quand tu trimes,

T’as jamais d’autres récompenses que des cotisations

Nos comptes en banque sont sans arrêt en inflation

Et une fois payées tes factures, il te reste moins que ce que tu gagnes

Et le banquier bande : grâce à nos agios il se paye du champagne.

Anna Marguerite Scheele, 2017, juste avant ma démission.

 

 

Demi-tour

Imaginez-vous dire STOP. Stop, ça suffit, je n’irai plus travailler pour si peu. Je vous la rends votre vie d’esclave.

Non je ne payerai plus mes taxes, mes impôts, mes factures énergétiques, mes cotisations poubelles (on n’a presque plus de déchets), ma taxe audiovisuelle (j’ai vendu avec joie mes deux télés),  non je ne permets plus les prélèvements sur ma fiche de paye pour la caf (j’élève seule mon enfant, sans aides).

Non je ne paierai pas mon prêt immobilier pendant 25 ans, non je ne m’habillerai plus comme vous l’espérez, non je ne serai plus spécialement polie avec un chef (je déteste les chefs de toutes façons).

Non je ne ferai plus de devoirs le soir en faisant la vaisselle et le repas. Quant au réveil, je le recycle. Je ne tondrai plus le gazon, je n’arracherai plus une seule mauvaise herbe, je n’irai plus jamais voter vu qu’on nous prend pour des demeurés.

Non, je ne soutiens pas notre société de consommation, je suis pour la décroissance économique, l’anarchie, la responsabilisation, la liberté.

Donc, logiquement, en voiture, sur la route du travail, parfois, je fais demi-tour. Et je sens que bientôt, le demi-tour sera définitif…

travail-ciceron

travailtripalium1

Origine du mot travail : « Tripalium » (italien ancien) = instrument de torture à 3 pieux, utilisé pour écarteler la victime…Ce sens douloureux se retrouve aujourd’hui dans le contexte de la femme qui va accoucher, on dit que le « travail » a commencé mais quand au taf c est dur…oui, c’est de la torture !

Anna Scheele