L’amibe « mangeuse de cerveau » : six lacs fermés au Mexique, et qu’en est-il en Bretagne ?

Pour les pressés

  • Mexique : six lacs fermés aux activités impliquant un contact avec l’eau après le décès d’un moniteur de ski nautique de 34 ans.
  • Responsable : Naegleria fowleri, une amibe microscopique vivant dans les eaux douces chaudes.
  • Contamination : par le nez, lorsque l’eau infectée atteint les voies olfactives, et non par ingestion.
  • Danger : une infection cérébrale rare, mais mortelle dans plus de 97 % des cas recensés.
  • En Bretagne : un autre risque existe dans les eaux douces, la leptospirose, surnommée « maladie du rat ».
  • Prévention : connaître la qualité des eaux fréquentées, limiter les projections dans le nez et protéger les plaies.
Seuls quelques laboratoires américains, dont ceux des CDC, sont capables de rechercher la présence de l’amibe Naegleria fowleri dans le liquide céphalorachidien d’un patient, comme le montre cette image.
Photos : Dr James Roberts, Children’s Healthcare of Atlanta.

Une amibe capable d’atteindre le cerveau

En octobre 2026, les autorités du Yucatán, au Mexique, ont restreint les activités aquatiques dans six lacs après le décès d’un homme infecté par Naegleria fowleri.

Cette amibe unicellulaire vit naturellement dans les eaux douces chaudes, notamment les lacs, étangs, rivières et sources thermales. Elle se nourrit habituellement de bactéries.

Lorsqu’elle pénètre profondément dans le nez, elle peut atteindre le cerveau par les voies olfactives et provoquer une méningo-encéphalite amibienne primitive.

Les symptômes apparaissent généralement quelques jours après l’exposition : violents maux de tête, fièvre, vomissements, raideur de la nuque, puis troubles neurologiques.

L’évolution peut être foudroyante. Une consultation médicale immédiate est indispensable.

Et chez nous, en Bretagne ?

Il existe un autre danger microbiologique dans les eaux douces : la leptospirose, également appelée « maladie du rat ».

Cette infection est provoquée par des bactéries du genre Leptospira, principalement transmises par l’urine d’animaux infectés, notamment les rongeurs. La contamination peut survenir par une plaie ou les muqueuses lors d’activités aquatiques.

Je l’ai découverte personnellement lorsqu’un de mes jeunes élèves, qui pratiquait le kayak à l’autre bout de l’étang de Jugon-les-Lacs, a contracté cette maladie.

Avant d’en parler, j’avais contacté l’école de voile et la Maison de la pêche afin de vérifier la réalité de ce risque. Toutes deux m’avaient confirmé que la leptospirose pouvait bien être contractée dans ce type d’environnement.

Or, ce site touristique des Côtes-d’Armor accueille des activités de voile, kayak, paddle et aviron, y compris pour les scolaires. Des descentes de l’Arguenon sont également proposées.

La baignade est officiellement interdite dans le grand étang de Jugon. Mais quelle information précise les pratiquants reçoivent-ils sur les risques microbiologiques, les analyses de l’eau et les éventuels traitements appliqués ?

Je m’interroge également sur les substances utilisées pour l’entretien sanitaire de ces plans d’eau. Sans connaître leur nature, leurs concentrations et les résultats des analyses, impossible d’en évaluer les conséquences.

Le cas de mon ancien élève mérite donc de soulever une question plus large : l’information sanitaire est-elle suffisamment accessible aux familles et aux personnes qui pratiquent des activités nautiques ?

Deux micro-organismes, deux voies de contamination

Naegleria fowleri et Leptospira n’appartiennent pas à la même famille biologique.

La première pénètre par le nez et peut atteindre le cerveau en remontant les voies olfactives. La seconde entre généralement dans l’organisme par une plaie ou une muqueuse, puis peut provoquer une infection touchant notamment les reins et le foie.

Leurs points communs : une exposition possible en eau douce et l’importance d’une prévention adaptée.

Pour les activités nautiques, mieux vaut éviter d’avaler de l’eau, protéger les plaies, se doucher après la pratique et limiter les projections dans le nez. Pour les lavages nasaux, utiliser exclusivement une eau stérile, distillée ou préalablement bouillie puis refroidie.

Conclusion chers lecteurs : une eau agréable à regarder n’est pas nécessairement une eau sans risque microbiologique !

Avec lucidité,

Anna Scheele, naturopathe et auteure


Sources


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